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CÉLINE la petite musique

Thème

Citations sur solitude

Les passages de Céline sur solitude — composés à la main, vérifiés mot pour mot.

Être seul c’est s’entraîner à la mort.
— L.-F. Céline
Je veux, Ferdinand, essayer d’aller me perdre l’âme comme on va perdre son chien galeux, son chien qui pue, bien loin, le compagnon qui vous dégoûte, avant de mourir… Enfin bien seul… Tranquille… soi-même…
— L.-F. Céline
Nos adieux en furent abominablement brutalisés. « Au revoir, mes enfants ! » eut-il juste le temps de nous dire et sa main s’est détachée, enlevée aux nôtres… Elle remuait là-bas dans la fumée, sa main, élancée dans le bruit, déjà sur la nuit, à travers les rails, toujours plus loin, blanche…
— L.-F. Céline
On a beau dire et prétendre, le monde nous quitte bien avant qu’on s’en aille pour de bon.
— L.-F. Céline
Il faut alors continuer sa route tout seul, dans la nuit. On a perdu ses vrais compagnons. On leur a pas seulement posé la bonne question, la vraie, quand il était temps. À côté d’eux on ne savait pas. Homme perdu. On est toujours en retard d’abord.
— L.-F. Céline
J’avais perdu comme l’habitude de cette confiance, celle qu’il faut bien avoir, réellement immense pour s’endormir complètement parmi les hommes.
— L.-F. Céline
On n’est plus qu’un vieux réverbère à souvenirs au coin d’une rue où il ne passe déjà presque plus personne.
— L.-F. Céline
J’étais arrivé plus loin qu’elle dans la nuit à présent, plus loin même que la vieille Henrouille qui était morte… On était plus tous ensemble… On s’était quittés pour de bon… Pas seulement par la mort, mais par la vie aussi… Ça s’était fait par la force des choses… Chacun pour soi !
— L.-F. Céline
Tellement nombreux qu’on a honte vraiment, d’avoir pas eu le temps de les regarder pendant qu’ils vivaient là à côté de vous, des années… On n’a jamais assez de temps c’est vrai, rien que pour penser à soi-même.
— L.-F. Céline
On est accablé du sujet de sa vie entière dès qu’on vit seul. On en est abruti. Pour s’en débarrasser on essaye d’en badigeonner un peu tous les gens qui viennent vous voir et ça les embête.
— L.-F. Céline
il m’adressait des petits sourires, mais si indécis, si pâles ces sourires, qu’on aurait pu les prendre pour des adieux.
— L.-F. Céline
À l’estaminet des mariniers, je venais souvent tout seul encore, à l’heure morte qui suit le déjeuner, quand le chat du patron est bien tranquille, entre les quatre murs, comme enfermé dans un petit ciel en ripolin bleu rien que pour lui.
— L.-F. Céline
À l’instant je le trouvai abominable de me déranger au moment juste où je commençais à me refaire un bon petit égoïsme. On se méfie de ce qui arrive par les routes, on a raison.
— L.-F. Céline
Je m’en retournai triste quand même du côté de Vigny, en pensant que tous ces gens, ces maisons, ces choses sales et mornes ne me parlaient plus du tout, droit au cœur comme autrefois, et que moi tout mariole que je pouvais paraître, je n’avais peut-être plus assez de force non plus, je le sentais bien, pour aller encore loin, moi, comme ça, tout seul.
— L.-F. Céline
Vous demeurent seulement précieux les menus chagrins, celui de n’avoir pas trouvé le temps pendant qu’il vivait encore d’aller voir le vieil oncle à Bois-Colombes, dont la petite chanson s’est éteinte à jamais un soir de février. C’est tout ce qu’on a conservé de la vie.
— L.-F. Céline
Des mois s’écoulèrent encore, mois de grande prudence, ternes, silencieux. Nous finîmes par éviter tout à fait d’évoquer le souvenir même de Baryton entre nous. D’ailleurs son souvenir nous faisait à tous comme un peu honte.
— L.-F. Céline
Faut encore du cœur et du savoir pour aller plus loin que les autres
— L.-F. Céline
Le réverbère du trottoir blanchissait la petite marquise en vitres comme avec de la neige au-dessus du perron. Je suis resté là, au coin de la rue, rien qu’à regarder, longtemps.
— L.-F. Céline
C’est grand un ciel pour soi tout seul !
— L.-F. Céline
L’essentiel, c’est pas de savoir si on a tort ou raison. Ça n’a vraiment pas d’importance … Ce qu’il faut c’est décourager le monde qu’il s’occupe de vous … Le reste c’est du vice.
— L.-F. Céline
C’est ça la présence de la mort … C’est quand on cause à leur place
— L.-F. Céline
Nous voici encore seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste … Bientôt je serai vieux. Et ce sera enfin fini.
— L.-F. Céline
Elle savait Mme Bérenge que tous les chagrins viennent dans les lettres.
— L.-F. Céline
Pour se défendre contre la vie faudrait des digues dix fois plus hautes qu’au Panama et de petites écluses invisibles.
— L.-F. Céline
C’est curieux quand même quand on n’a plus pour respirer que des endroits tous bien horribles
— L.-F. Céline
C’est bien agréable une langue dont on ne comprend rien … C’est comme un brouillard aussi qui vadrouille dans les idées … C’est bon, y a pas vraiment meilleur … C’est admirable tant que les mots ne sortent pas du rêve
— L.-F. Céline
Ça me semblait tout d’un coup qu’on ne me rattraperait plus jamais … que j’étais devenu un souvenir, un méconnaissable, que j’avais plus rien à craindre, que personne me retrouverait jamais …
— L.-F. Céline
« Un jour, Ferdinand, je partirai … Je partirai au diable, tu verras ! Je partirai très loin … Je m’en irai tout seul … Par mes propres moyens ! … Tu verras ! … »
— L.-F. Céline
on a beau être jeune quand on s’aperçoit pour le premier coup … comme on perd des gens sur la route … des potes qu’on reverra plus … plus jamais … qu’ils ont disparu comme des songes … que c’est terminé … évanoui … qu’on s’en ira soi‑même se perdre aussi … un jour très loin encore … mais forcément …
— L.-F. Céline
Ils sont devenus vieux, misérables et lents chacun dans un coin du monde.
— L.-F. Céline
Ils ont changé d’âme pour mieux trahir, mieux oublier, parler toujours d’autre chose …
— L.-F. Céline
Il a écrit avec une craie sur sa porte : Je reviendrai jamais.
— L.-F. Céline
À toute la perfidie des choses ! Du moment qu’on se laisse envelopper ! …
— L.-F. Céline
Toutes les vannes qu’on peut vous filer avec des paroles ! Merde ! Plus pour moi !
— L.-F. Céline
C’est l’entêtement moi, ma force
— L.-F. Céline
Faut se concentrer quand on est mince … T’ouvres toute ta gueule, on rentre dedans.
— L.-F. Céline
La vie extérieure me ligote ! … Elle me grignote ! Me dissémine ! … M’éparpille ! …
— L.-F. Céline
Mais j’aimerais mieux, tenez, Ferdinand ! vivre avec un singe véritable ! … Je le comprendrais lui à la fin ! … Il me comprendrait !
— L.-F. Céline
Il est seul ! … Voilà ! Moi aussi je suis seul ! … Il est nu ! Moi aussi je suis nu ! …
— L.-F. Céline
Sûr que j’avais du chagrin … Sûr que je la trouvais bien malheureuse ! C’était au fait bien véritable ! Mais j’avais pas du chagrin pour aller le baver devant personne !
— L.-F. Céline
On restait vautrés comme ça … des journées entières, tassés les uns dans les autres … sans ouvrir la bouche … sans nous dire un mot …
— L.-F. Céline
Ils étaient encore plus blindés que tous les gogs de tout Asnières ! Voilà mon avis.
— L.-F. Céline
J’apprenais pas mais j’étais bien, je détestais pas l’intonation anglaise … C’est agréable, c’est élégant, c’est flexible … C’est une espèce de musique
— L.-F. Céline
Je voudrais dire un mot … quelque chose pour faire passer vivement la gêne … Je vais parler de la chaleur …
— L.-F. Céline
Habituez‑vous à l’Harmonie ! et l’Harmonie vous retrouvera ! Et vous retrouverez tout ce que vous cherchez depuis si longtemps sur les routes du Monde …
— L.-F. Céline
C’est triste vraiment … C’est infâme ! … les innocents qui défilent le long des vitrines
— L.-F. Céline
Où est‑il ? C’est la question que je me pose cinquante fois par jour … Pendant que je tourne, que je m’échine là‑bas toute seule ! que je me tue pour l’entretenir !
— L.-F. Céline
L’atome, c’est moi ! … Mais l’atome Ferdinand, c’est tout ! …
— L.-F. Céline
Ainsi la vie s’organisait … On nous détestait partout à vingt kilomètres à la ronde, on nous haïssait, à plein bouc, mais quand même dans notre solitude à Blême‑le‑Petit, c’était extrêmement difficile de nous poirer flagrant délit ! …
— L.-F. Céline
Ce jour‑là c’est vrai, je peux bien le dire c’est un des plus moches de ma vie.
— L.-F. Céline
Personne te croit plus à présent. Ah ! C’est trop abominable ! … Personne veut plus te croire ! …
— L.-F. Céline
Il croyait plus à personne
— L.-F. Céline
Quand ils rigolent, j’ai envie de pleurer.
— L.-F. Céline
On peut aimer la chaleur du feu, mais personne ne veut s'y brûler. Semmelweis, c'était le feu.
— L.-F. Céline
on est toujours seul quand on est honnête, on est tout seul ! seul ! seul !
— L.-F. Céline
Ils repartent peut-être jusqu’à ce qu’il leur en reste plus ? Et alors où qu’ils vont ? C’est énorme la vie quand même. On se perd partout.
— L.-F. Céline
Ma torture de tête je l’entendais bien fort dans la campagne si grande et si vide. Je me faisais presque peur à m’écouter. Je croyais que j’allais réveiller la bataille tellement que je faisais du bruit dedans. Je faisais à l’intérieur plus de bruit qu’une bataille.
— L.-F. Céline
Faudrait moi aussi que je me trouve un truc bien délirant pour compenser tout le chagrin d’être enfermé pour toujours dans ma tête.
— L.-F. Céline
Jamais, c’était entendu, je ne connaîtrais plus la vie des autres, la vie de tous ces cons qui croient que c’est entendu comme ça le sommeil et le silence, une fois pour toutes.
— L.-F. Céline
À gauche défilait le canal bien endormi sous les peupliers pleins de vent. Il s’en allait en zigzag murmurer ces choses là-bas jusqu’aux collines et filait encore tout le long jusqu’au ciel qui le reprenait en bleu avant la plus grande des trois cheminées sur la pointe de l’horizon.
— L.-F. Céline