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Citations sur argent
Les passages de Céline sur argent — composés à la main, vérifiés mot pour mot.
Lâche ou courageux, cela ne veut pas dire grand-chose. Lapin ici, héros là-bas, c’est le même homme, il ne pense pas plus ici que là-bas. Tout ce qui n’est pas gagner de l’argent le dépasse décidément infiniment. Tout ce qui est vie ou mort lui échappe. Même sa propre mort, il la spécule mal et de travers. Il ne comprend que l’argent et le théâtre.— L.-F. Céline
Je n’avais pas encore appris qu’il existe deux humanités très différentes, celle des riches et celle des pauvres. Il m’a fallu, comme à tant d’autres, vingt années et la guerre, pour apprendre à me tenir dans ma catégorie, à demander le prix des choses et des êtres avant d’y toucher, et surtout avant d’y tenir.— L.-F. Céline
Presque tous les désirs du pauvre sont punis de prison.— L.-F. Céline
La vie des gens sans moyens n’est qu’un long refus dans un long délire et on ne connaît vraiment bien, on ne se délivre aussi que de ce qu’on possède.— L.-F. Céline
C’est avec leur chair et leur esprit qu’ils avaient acquis leur maison, tel l’escargot. Mais lui l’escargot fait ça sans s’en douter. Les Henrouille eux, n’en revenaient pas d’avoir passé à travers la vie rien que pour avoir une maison et comme des gens qu’on vient de désemmurer ça les étonnait.— L.-F. Céline
La médecine, c’est ingrat. Quand on se fait honorer par les riches, on a l’air d’un larbin, par les pauvres on a tout du voleur.— L.-F. Céline
C’est même depuis ce temps-là que je suis certain d’être aussi dégueulasse que n’importe quel autre.— L.-F. Céline
C’est la fête à tromper les gens du bout de la semaine. Et on va la boire la canette sans mousse ! Mais le garçon, lui, pue vraiment de l’haleine sous les faux bosquets. Et la monnaie qu’il rend contient des drôles de pièces, si drôles qu’on n’a pas encore fini de les examiner des semaines et des semaines après et qu’on les refile avec bien de la peine et quand on fait la charité. C’est la fête quoi. Faut être amusant quand on peut, entre la faim et la prison, et prendre les choses comme elles viennent.— L.-F. Céline
Il n’y a jamais de fête véritable que pour le commerce et en profondeur encore et en secret. C’est le soir qu’il se réjouit le commerce quand tous les inconscients, les clients, ces bêtes à bénéfices sont partis, quand le silence est revenu sur l’esplanade et que le dernier chien a projeté enfin sa dernière goutte d’urine contre le billard japonais.— L.-F. Céline
La mort n’est après tout qu’une question de quelques heures, de minutes même, tandis qu’une rente c’est comme la misère, ça dure toute la vie.— L.-F. Céline
On s’en sort des humiliations quotidiennes en essayant comme Robinson de se mettre à l’unisson des gens riches, par les mensonges, ces monnaies du pauvre. On a tous honte de sa viande mal présentée, de sa carcasse déficitaire.— L.-F. Céline
On est en bas dans les cales à souffler de la gueule, puants, suintants des rouspignolles, et puis voilà ! En haut sur le pont, au frais, il y a les maîtres et qui s’en font pas, avec des belles femmes roses et gonflées de parfums sur les genoux.— L.-F. Céline
Ça suffit pour haïr, cent sous, et désirer qu’ils en crèvent tous. Pas d’amour à perdre dans ce monde, tant qu’il y aura cent sous.— L.-F. Céline
Cette répulsion instinctive qu’inspirent les commerçants à ceux qui les approchent et qui savent, est une des très rares consolations qu’éprouvent d’être aussi miteux qu’ils le sont ceux qui ne vendent rien à personne.— L.-F. Céline
elle aurait même pu être assez jolie, comme tant d’autres, seulement elle était si prudente, si méfiante qu’elle s’arrêtait au bord de la beauté, comme au bord de la vie, avec ses cheveux un peu trop peignés, son sourire un peu trop facile et soudain, des gestes un peu trop rapides ou un peu trop furtifs.— L.-F. Céline
Je n’avais envie moi que de m’en aller, mais comme on doit toujours avoir l’air utile quand on est pas riche et comme d’autre part je n’en finissais pas avec mes études, ça ne pouvait pas durer.— L.-F. Céline
Yeux ardents et charbonneux, l’intensité de posséder la Compagnie le consumait cet homme, il m’effrayait un peu. J’avais du mal à me faire à sa seule présence. Je n’aurais point cru qu’il existât au monde une carcasse humaine capable de cette tension maxima de convoitise.— L.-F. Céline
À Topo en somme, tout minuscule que fût l’endroit, il y avait quand même place pour deux systèmes de civilisation, celle du lieutenant Grappa, plutôt à la romaine, qui fouettait le soumis pour en extraire simplement le tribut, dont il retenait, d’après l’affirmation d’Alcide, une part honteuse et personnelle, et puis le système Alcide proprement dit, plus compliqué, dans lequel se discernaient déjà les signes du second stade civilisateur, la naissance dans chaque tirailleur d’un client, combinaison commercialo-militaire en somme, beaucoup plus moderne, plus hypocrite, la nôtre.— L.-F. Céline
un vrai Saint-Esprit, plus précieux que du sang. J’ai eu tout de même le temps d’aller les voir et même je suis entré pour leur parler à ces employés qui gardaient les espèces. Ils sont tristes et mal payés.— L.-F. Céline
Les maisons vous possèdent, toutes pisseuses qu’elles sont, plates façades, leur cœur est au propriétaire.— L.-F. Céline
Je ne savais pas faire ma putain. Ils avaient l’air si misérables, si puants, la plupart de mes clients, si torves aussi, que je me demandais toujours où ils allaient les trouver les vingt francs qu’il fallait me donner, et s’ils allaient pas me tuer en revanche.— L.-F. Céline
Quand on n’a pas d’argent à offrir aux pauvres, il vaut mieux se taire. Quand on leur parle d’autre chose que d’argent, on les trompe, on ment, presque toujours.— L.-F. Céline
Ils ont une certaine manière de parler les gens distingués qui vous intimide et moi qui m’effraye, tout simplement, surtout leurs femmes, c’est cependant rien que des phrases mal foutues et prétentieuses, mais astiquées alors comme des vieux meubles. Elles font peur leurs phrases bien qu’anodines. On a peur de glisser dessus, rien qu’en leur répondant.— L.-F. Céline
Et même quand ils prennent des tons canailles pour chanter des chansons de pauvres en manière de distraction, ils le gardent cet accent distingué qui vous met en méfiance et en dégoût, un accent qui a comme un petit fouet dedans, toujours, comme il en faut un, toujours, pour parler aux domestiques.— L.-F. Céline
Il ne manquait que l’argent pour foutre le camp. Ça suffit.— L.-F. Céline
Ils ne veulent recevoir chez eux en somme que les curieux qui leur apportent du pognon, parce que tous les argents d’Europe, c’est des fils à Dollar.— L.-F. Céline
ça fait tort au malade et à sa famille un médecin gratuit, si pauvre soit-elle.— L.-F. Céline
Ah ! si j’avais du pognon !… Tout le monde me trouverait bien gentil ici… là-bas… Et partout… En Amérique même… C’est y pas vrai ce que je dis là ?— L.-F. Céline
Dans cette abondance soudaine d’agréments le bon délire mégalomane vous prend comme un rien. Je me mis à divaguer à mon tour, tout en lui parlant d’urticaire à la petite cousine.— L.-F. Céline
C’était un artiste le patron, beau sexe, beaux cheveux, belles rentes, tout ce qu’il faut pour être heureux ; de l’accordéon par là-dessus, des amis, des rêveries sur le bateau, sur les eaux rares et qui tournent en rond, bien heureux à ne partir jamais…— L.-F. Céline
la petite musique de la poche— L.-F. Céline
On sait que ces choses-là c’est toujours difficile à arranger et que de les arranger ça coûte toujours très cher.— L.-F. Céline
quand il s’agit de matière c’est jamais le meilleur qui triomphe, c’est toujours le plus cynique, le plus rusé, le plus brutal.— L.-F. Céline
Quand on mélange au hasard deux sangs, l’un pauvre, l’autre riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche …— L.-F. Céline
Rabaisser l’Homme à la matière, c’est la loi secrète, nouvelle, implacable …— L.-F. Céline
Pour nous l’âme, c’était la frousse. Dans chaque piaule, la peur de manquer elle suintait des murs …— L.-F. Céline
C’est pas nous, Irène ! C’est l’époque ! … C’est la débâcle qu’est générale …— L.-F. Céline
Plus c’est l’opulence et tant plus c’est la charogne ! … C’est terrible les compagnies ! …— L.-F. Céline
On a crevé dans notre famille pour l’honneur du petit commerce … On est pas nous des ouvriers ivrognes et pleins de dettes … Ah ! non. Pas du tout ! … Il faut pas confondre ! … Trois vies, la mienne, la sienne et puis surtout celle à mon père ont fondu dans les sacrifices …— L.-F. Céline
C’est vicelard comme tout la cliente, plus c’est huppée mieux c’est voleuse.— L.-F. Céline
en quelques minutes, des millions et des millions, et tout l’honneur d’une famille et tous les châteaux s’envoler.— L.-F. Céline
Les hommes ça n’a pas de ressort, au lieu de remonter le courant, il s’est barré au loin avec une donzelle.— L.-F. Céline
Le sang me reflue dans les veines … Je m’assois sur les marches … Je suis fait ! … Extra ! Paumé comme un rat ! …— L.-F. Céline
Tout le monde se fascine pour l’avenir … Chacun veut qu’on l’exproprie.— L.-F. Céline
Vous me comprenez, tout n’est pas dans un porte‑monnaie ! … Ferdinand ! Non ! Il n’y a rien dans un porte‑monnaie ! Rien ! … »— L.-F. Céline
Vous embarquez ? Soit. Je vous accueille ! Je vous prends ! Soit ! Montez à bord ! Mais je vous le dis bien d’avance ! Pas un doublon dans les cales ! Rien dans les mains ! Peu dans les poches ! Point d’amertume ! Point de rancœur ! …— L.-F. Céline
« Tout commanditaire est un vrai oiseau pour s’enfuir, mais une tortue sur la douille. »— L.-F. Céline
Ferdinand ! Ferdinand ! Je suis un infect misérable ! Un abominable gredin … Tu peux parler d’infamie ! … J’ai tout perdu Ferdinand ! Tout notre mois, le mien ! le tien ! mes dettes ! les tiennes ! le gaz ! tout ! …— L.-F. Céline
L’espoir du trésor, c’est magique ! Y a rien qui puisse se comparer ! …— L.-F. Céline
Les événements me libèrent … Me comprends‑tu ? … Dis ma buse ? … Ni amertume ! Ni rancune ! Ni dettes ! Ni protêts ! … Je m’en fous ! Tu m’entends bien ? Je chie sur le tout !— L.-F. Céline
Dans leur ventre, Ferdinand ! Pas dans leur tête ! Dans leur ventre ! Des clients pour leurs ventres ! Je m’adresse au ventre, Ferdinand ! …— L.-F. Céline
Les atouts claquaient comme des beignes.— L.-F. Céline
On se déplumait jour après jour …— L.-F. Céline
On arrangeait l’avenir en rose …— L.-F. Céline
Avec une beauté comme la sienne, ça devait être plutôt facile d’épouser un sac …— L.-F. Céline
Je le vois encore le grand placard tout noir qui s’élève dans l’air … au‑dessus du panorama …— L.-F. Céline
Ah ! c’est joli l’indépendance !— L.-F. Céline
Pendant qu’il bavait, ainsi juché, à la cantonade, captivant la foule, moi je faisais un peu la quête … C’était mon petit supplément. Je profitais de la circonstance, des palpitations, des émois … Je piquais à travers les rangées.— L.-F. Céline
Comme ça des ponctions continuelles, pas une tôle peut résister ! Que ça serait la Banque du Pérou ! …— L.-F. Céline
C’est l’or, mon ami ! C’est l’or ! Attention ! …— L.-F. Céline
C’est pas grand‑chose à faire fondre deux billets de mille francs ! …— L.-F. Céline
Il se vautrait plus bas qu’une truie si on le laissait une seule minute ! … Il s’écroulait dans toutes les fosses …— L.-F. Céline
Le travail c’est comme la croûte … Il faut que ça profite d’abord …— L.-F. Céline
Les vrais anarchistes, ce sont les gens riches, voyez-vous. Pour bouffer, faut tous faire des petits trucs, et anarchistes ou non, ce sont presque les mêmes.— L.-F. Céline
c’est assez pour être patriote, ce n’est pas assez pour bouffer, l’expérience le prouve.— L.-F. Céline
pour l’être complètement anarchiste, il faudrait ne plus avoir besoin de bouffer...— L.-F. Céline
Vous voyez, en automobile, c’est comme en amour, c’est plus facile à dégoûter qu’à exciter son client...— L.-F. Céline
Je veux en mettre de côté. Je ne veux plus crever de faim.— L.-F. Céline
Je vous engueule parce que vous vendez de la chair et que vous ne connaissez pas la bonne marchandise, vous êtes abrutie par les bénéfices.— L.-F. Céline
De mon temps y avait que les artistes qui avaient des dettes — mais comme ils les payaient jamais eux, ça les rendait pas tristes.— L.-F. Céline