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CÉLINE la petite musique

Thème

Citations sur folie

Les passages de Céline sur folie — composés à la main, vérifiés mot pour mot.

Ça serait pourtant pas si bête s’il y avait quelque chose pour distinguer les bons des méchants.
— L.-F. Céline
J’en arrivais à ne plus prendre de quinine pour bien laisser la fièvre me cacher la vie. On se soûle avec ce qu’on a.
— L.-F. Céline
La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi.
— L.-F. Céline
« Folle » qu’on disait d’elle, la vieille, c’est vite dit ça « folle ». Elle était pas sortie de ce réduit plus de trois fois en douze années voilà tout ! Elle avait peut-être ses raisons… Elle ne voulait rien perdre… Elle n’allait pas nous les dire à nous qu’on n’est plus inspirés par la vie.
— L.-F. Céline
Déjà on en est moins fier d’elle de sa jeunesse, on ose pas encore l’avouer en public que ce n’est peut-être que cela sa jeunesse, de l’entrain à vieillir.
— L.-F. Céline
Faut entendre au fond de toutes les musiques l’air sans notes, fait pour nous, l’air de la Mort.
— L.-F. Céline
La vie c’est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit.
— L.-F. Céline
L’amour c’est elle la misère et rien qu’elle encore, elle toujours, qui vient mentir dans notre bouche, la fiente, c’est tout. Elle est partout la vache, faut pas la réveiller sa misère même au chiqué.
— L.-F. Céline
La grande fatigue de l’existence n’est peut-être en somme que cet énorme mal qu’on se donne pour demeurer vingt ans, quarante ans, davantage, raisonnable, pour ne pas être simplement, profondément soi-même, c’est-à dire immonde, atroce, absurde.
— L.-F. Céline
Je me tenais au bord dangereux des fous, à leur lisière pour ainsi dire, à force d’être toujours aimable avec eux, ma nature. Je ne chavirais pas mais tout le temps, je me sentais en péril, comme s’ils m’eussent attiré sournoisement dans les quartiers de leur ville inconnue. Une ville dont les rues devenaient de plus en plus molles à mesure qu’on avançait entre leurs maisons baveuses, les fenêtres fondantes et mal closes, sur ces douteuses rumeurs. Les portes, le sol mouvants…
— L.-F. Céline
Je veux, Ferdinand, essayer d’aller me perdre l’âme comme on va perdre son chien galeux, son chien qui pue, bien loin, le compagnon qui vous dégoûte, avant de mourir… Enfin bien seul… Tranquille… soi-même…
— L.-F. Céline
On ne monte pas dans la vie, on descend.
— L.-F. Céline
Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je. Et avec quel effroi !… Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux !
— L.-F. Céline
Je n’étais point très sage pour ma part, mais devenu assez pratique cependant pour être lâche définitivement.
— L.-F. Céline
J’étais propriétaire enfin, de la lune, du village, d’une peur énorme.
— L.-F. Céline
Ainsi le mouton, sur le flanc, dans le pré, agonise et broute encore.
— L.-F. Céline
Le canon pour eux c’était rien que du bruit. C’est à cause de ça que les guerres peuvent durer. Même ceux qui la font, en train de la faire, ne l’imaginent pas. La balle dans le ventre, ils auraient continué à ramasser de vieilles sandales sur la route, qui pouvaient « encore servir ».
— L.-F. Céline
Alors je suis tombé malade, fiévreux, rendu fou, qu’ils ont expliqué à l’hôpital, par la peur. C’était possible. La meilleure des choses à faire, n’est-ce pas, quand on est dans ce monde, c’est d’en sortir ? Fou ou pas, peur ou pas.
— L.-F. Céline
Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde !
— L.-F. Céline
L’amour c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et soûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.
— L.-F. Céline
Dès qu’on arrive quelque part, il se révèle en vous des ambitions. Moi j’avais la vocation d’être malade, rien que malade. Chacun son genre.
— L.-F. Céline
Les crépuscules dans cet enfer africain se révélaient fameux. On n’y coupait pas. Tragiques chaque fois comme d’énormes assassinats du soleil. Un immense chiqué. Seulement c’était beaucoup d’admiration pour un seul homme.
— L.-F. Céline
On peut se perdre en allant à tâtons parmi les formes révolues. C’est effrayant ce qu’on en a des choses et des gens qui ne bougent plus dans son passé. Les vivants qu’on égare dans les cryptes du temps dorment si bien avec les morts qu’une même ombre les confond déjà. On ne sait plus qui réveiller en vieillissant, les vivants ou les morts.
— L.-F. Céline
L’anarchie partout et dans l’arche, moi Noé, gâteux.
— L.-F. Céline
La vie des gens sans moyens n’est qu’un long refus dans un long délire et on ne connaît vraiment bien, on ne se délivre aussi que de ce qu’on possède.
— L.-F. Céline
Philosopher n’est qu’une autre façon d’avoir peur et ne porte guère qu’aux lâches simulacres.
— L.-F. Céline
Il faut se dépêcher de s’en gaver de rêves pour traverser la vie qui vous attend dehors, sorti du cinéma, durer quelques jours de plus à travers cette atrocité des choses et des hommes.
— L.-F. Céline
Ce qui est pire c’est qu’on se demande comment le lendemain on trouvera assez de force pour continuer à faire ce qu’on a fait la veille et depuis déjà tellement trop longtemps, où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces mille projets qui n’aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l’accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent, et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu’il faut retomber au bas de la muraille, chaque soir, sous l’angoisse de ce lendemain, toujours plus précaire, plus sordide.
— L.-F. Céline
C’est cela l’exil, l’étranger, cette inexorable observation de l’existence telle qu’elle est vraiment pendant ces quelques heures lucides, exceptionnelles dans la trame du temps humain, où les habitudes du pays précédent vous abandonnent, sans que les autres, les nouvelles, vous aient encore suffisamment abruti.
— L.-F. Céline
Tout dans ces moments vient s’ajouter à votre immonde détresse pour vous forcer, débile, à discerner les choses, les gens et l’avenir tels qu’ils sont, c’est-à-dire des squelettes, rien que des riens, qu’il faudra cependant aimer, chérir, défendre, animer comme s’ils existaient.
— L.-F. Céline
Le voyage c’est la recherche de ce rien du tout, de ce petit vertige pour couillons
— L.-F. Céline
Courage, Ferdinand, que je me répétais à moi-même, pour me soutenir, à force d’être foutu à la porte de partout, tu finiras sûrement par le trouver le truc qui leur fait si peur à eux tous, à tous ces salauds-là autant qu’ils sont et qui doit être au bout de la nuit. C’est pour ça qu’ils n’y vont pas eux au bout de la nuit !
— L.-F. Céline
Il y a un moment de la misère où l’esprit n’est plus déjà tout le temps avec le corps. Il s’y trouve vraiment trop mal. C’est déjà presque une âme qui vous parle. C’est pas responsable une âme.
— L.-F. Céline
C’est cela l’exil, l’étranger, cette inexorable observation de l’existence telle qu’elle est vraiment pendant ces quelques heures lucides, exceptionnelles dans la trame du temps humain, où les habitudes du pays précédent vous abandonnent, sans que les autres, les nouvelles, vous aient encore suffisamment abruti. Tout dans ces moments vient s’ajouter à votre immonde détresse pour vous forcer, débile, à discerner les choses, les gens et l’avenir tels qu’ils sont, c’est-à-dire des squelettes, rien que des riens, qu’il faudra cependant aimer, chérir, défendre, animer comme s’ils existaient. Un autre pays, d’autres gens autour de soi, agités d’une façon un peu bizarre, quelques petites vanités en moins, dissipées, quelque orgueil qui ne trouve plus sa raison, son mensonge, son écho familier, et il n’en faut pas davantage, la tête vous tourne, et le doute vous attire, et l’infini s’ouvre rien que pour vous, un ridicule petit infini et vous tombez dedans…
— L.-F. Céline
La grande marmelade des hommes dans la ville. D’où j’étais là-haut, on pouvait bien crier sur eux tout ce qu’on voulait. J’ai essayé. Ils me dégoûtaient tous. J’avais pas le culot de leur dire pendant le jour, quand j’étais en face d’eux, mais d’où j’étais je ne risquais rien, je leur ai crié « Au secours ! Au secours ! » rien que pour voir si ça leur ferait quelque chose. Rien que ça leur faisait. Ils poussaient la vie et la nuit et le jour devant eux les hommes. Elle leur cache tout la vie aux hommes. Dans le bruit d’eux-mêmes ils n’entendent rien. Ils s’en foutent. Et plus la ville est grande et plus elle est haute et plus ils s’en foutent. Je vous le dis moi. J’ai essayé. C’est pas la peine.
— L.-F. Céline
j’aimais encore mieux mon vice, cette envie de m’enfuir de partout, à la recherche de je ne sais quoi, par un sot orgueil sans doute, par conviction d’une espèce de supériorité.
— L.-F. Céline
Ce n’est pas si facile que ça en a l’air. Ce n’est pas le tout de se dire « Je suis malheureux ». Il faut encore se le prouver, se convaincre sans appel.
— L.-F. Céline
L’âge l’avait recouverte comme un vieil arbre frémissant, de rameaux allègres. Elle était gaie la vieille Henrouille, mécontente, crasseuse, mais gaie. Ce dénuement où elle séjournait depuis plus de vingt ans n’avait point marqué son âme. C’est contre le dehors au contraire qu’elle était contractée, comme si le froid, tout l’horrible et la mort ne devaient lui venir que de là, pas du dedans.
— L.-F. Céline
Cependant, je crois qu’il me venait des forces à écouter ces choses-là, des forces d’aller plus loin, des drôles de forces et la prochaine fois, alors je pourrais descendre encore plus bas la prochaine fois, écouter d’autres plaintes que je n’avais pas encore entendues, ou que j’avais du mal à comprendre avant, parce qu’on dirait qu’il y en a encore toujours au bout des autres des plaintes encore qu’on n’a pas encore entendues ni comprises.
— L.-F. Céline
L’esprit est content avec des phrases, le corps c’est pas pareil, il est plus difficile lui, il lui faut des muscles. C’est quelque chose de toujours vrai un corps, c’est pour cela que c’est presque toujours triste et dégoûtant à regarder.
— L.-F. Céline
J’étais comme arrivé au moment, à l’âge peut-être, où on sait bien ce qu’on perd à chaque heure qui passe. Mais on n’a pas encore acquis la force de sagesse qu’il faudrait pour s’arrêter pile sur la route du temps et puis d’abord si on s’arrêtait on ne saurait quoi faire non plus sans cette folie d’avancer qui vous possède et qu’on admire depuis toute sa jeunesse.
— L.-F. Céline
Les hommes y tiennent à leurs sales souvenirs, à tous leurs malheurs et on ne peut pas les en faire sortir. Ça leur occupe l’âme. Ils se vengent de l’injustice de leur présent en besognant l’avenir au fond d’eux-mêmes avec de la merde. Justes et lâches qu’ils sont tout au fond. C’est leur nature.
— L.-F. Céline
La vocation de meurtre qui avait soudain possédé Robinson me semblait plutôt somme toute comme une espèce de progrès sur ce que j’avais observé jusqu’alors parmi les autres gens, toujours mi-haineux, mi-bienveillants, toujours ennuyeux par leur imprécision de tendances.
— L.-F. Céline
Maintenant qu’il s’agissait d’ouvrir les yeux dans la nuit j’aimais presque autant les garder fermés.
— L.-F. Céline
Il n’y a de terrible en nous et sur la terre et dans le ciel peut-être que ce qui n’a pas encore été dit. On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on aura plus peur de se taire.
— L.-F. Céline
La peur ne dit ni oui, ni non. Elle prend tout ce qu’on dit la peur, tout ce qu’on pense, tout.
— L.-F. Céline
La vie c’est une classe dont l’ennui est le pion, il est là tout le temps à vous épier d’ailleurs, il faut avoir l’air d’être occupé, coûte que coûte, à quelque chose de passionnant, autrement il arrive et vous bouffe le cerveau.
— L.-F. Céline
Il arrivait dans un seul courrier matinal de l’agence Pomone assez d’amour inassouvi pour éteindre à jamais toutes les guerres de ce monde. Mais voilà, ces déluges sentimentaux ne dépassent jamais le derrière. C’est tout le malheur.
— L.-F. Céline
« La terre est morte, qu’il m’avait expliqué… On est rien que des vers dessus nous autres, des vers sur son dégueulasse de gros cadavre, à lui bouffer tout le temps les tripes et rien que ses poisons… Rien à faire avec nous autres. On est tout pourris de naissance… Et puis voilà ! »
— L.-F. Céline
Notre peine est ainsi, la grande, une distraction.
— L.-F. Céline
On s’enfonce, on s’épouvante d’abord dans la nuit, mais on veut comprendre quand même et alors on ne quitte plus la profondeur.
— L.-F. Céline
Cauchemar d’avoir à présenter toujours comme un petit idéal universel, surhomme du matin au soir, le sous-homme claudicant qu’on nous a donné.
— L.-F. Céline
Un fou, ce n’est que les idées ordinaires d’un homme mais bien enfermées dans une tête. Le monde n’y passe pas à travers sa tête et ça suffit. Ça devient comme un lac sans rivière une tête fermée, une infection.
— L.-F. Céline
En pensant à présent, à tous les fous que j’ai connus chez le père Baryton, je ne peux m’empêcher de mettre en doute qu’il existe d’autres véritables réalisations de nos profonds tempéraments que la guerre et la maladie, ces deux infinis du cauchemar.
— L.-F. Céline
Il existe des fous simples et puis il existe d’autres fous, ceux que torture la marotte de la civilisation
— L.-F. Céline
Ça tourne vite au vice la raison, comme la bonne humeur et le sommeil chez les neurasthéniques. On ne peut plus penser qu’à sa raison. Rien ne va plus. Fini de rigoler.
— L.-F. Céline
Dans l’aventure de Monmouth, quand tout le ridicule piteux de notre puérile et tragique nature se déboutonne pour ainsi dire devant l’Éternité il se prenait à son tour de vertige Baryton, et comme il ne tenait déjà plus que par un fil à notre destin ordinaire il lâcha la rampe… Depuis ce moment, je peux bien le dire, il ne fut plus des nôtres… Il ne pouvait plus…
— L.-F. Céline
Les choses auxquelles on tenait le plus, vous vous décidez un beau jour à en parler de moins en moins, avec effort quand il faut s’y mettre. On en a bien marre de s’écouter toujours causer… On abrège… On renonce… Ça dure depuis trente ans qu’on cause… On ne tient plus à avoir raison.
— L.-F. Céline
la mort est là aussi elle, puante, à côté de vous, tout le temps à présent et moins mystérieuse qu’une belote.
— L.-F. Céline
j’ai plus envie qu’on m’aime… Ça me dégoûte !…
— L.-F. Céline
Il devait chercher un autre Ferdinand, bien plus grand que moi, bien sûr, pour mourir, pour l’aider à mourir plutôt, plus doucement. Il faisait des efforts pour se rendre compte si des fois le monde aurait pas fait des progrès. Il faisait l’inventaire, le grand malheureux, dans sa conscience… S’ils avaient pas changé un peu les hommes, en mieux, pendant qu’il avait vécu lui, s’il avait pas été des fois injuste sans le vouloir envers eux…
— L.-F. Céline
Dans la chambre ça faisait comme un étranger à présent Robinson, qui viendrait d’un pays atroce et qu’on n’oserait plus lui parler.
— L.-F. Céline
Mon trimbalage à moi, il était bien fini. À d’autres !… Le monde était refermé ! Au bout qu’on était arrivés nous autres !… Comme à la fête !… Avoir du chagrin c’est pas tout, faudrait pouvoir recommencer la musique, aller en chercher davantage du chagrin… Mais à d’autres !…
— L.-F. Céline
Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu’il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d’elles, il n’y avait donc l’ordre d’arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d’en haut qu’il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu’on s’était trompé ? Que c’était des manœuvres pour rire qu’on avait voulu faire, et pas des assassinats !
— L.-F. Céline
Il collaborait avec la mort. On aurait pu jurer qu’elle avait un contrat avec le capitaine Ortolan.
— L.-F. Céline
Les chevaux ont bien de la chance eux, car s’ils subissent aussi la guerre, comme nous, on ne leur demande pas d’y souscrire, d’avoir l’air d’y croire. Malheureux mais libres chevaux ! L’enthousiasme hélas ! c’est rien que pour nous, ce putain !
— L.-F. Céline
L’âme, c’est la vanité et le plaisir du corps tant qu’il est bien portant, mais c’est aussi l’envie d’en sortir du corps dès qu’il est malade ou que les choses tournent mal. On prend des deux poses celle qui vous sert le plus agréablement dans le moment et voilà tout !
— L.-F. Céline
Il faut s’apprendre à les considérer tels qu’ils sont, pires qu’ils sont c’est-à-dire, à tous les points de vue. Ça dégage, ça vous affranchit et vous défend au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Ça vous donne un autre vous même. On est deux.
— L.-F. Céline
Ça prouve que pour qu’on vous croye raisonnable, rien de tel que de posséder un sacré culot. Quand on a un bon culot, ça suffit, presque tout alors vous est permis, absolument tout, on a la majorité pour soi et c’est la majorité qui décrète de ce qui est fou et ce qui ne l’est pas.
— L.-F. Céline
Tout ce qui est intéressant se passe dans l’ombre, décidément. On ne sait rien de la véritable histoire des hommes.
— L.-F. Céline
Ahuris par la guerre, nous étions devenus fous dans un autre genre : la peur. L’envers et l’endroit de la guerre.
— L.-F. Céline
Il faut croire Claude Lorrain, les premiers plans d’un tableau sont toujours répugnants et l’art exige qu’on situe l’intérêt de l’œuvre dans les lointains, dans l’insaisissable, là où se réfugie le mensonge, ce rêve pris sur le fait, et seul amour des hommes.
— L.-F. Céline
Comme elle me fuyait, Musyne, je me prenais pour un idéaliste, c’est ainsi qu’on appelle ses propres petits instincts habillés en grands mots.
— L.-F. Céline
elle demeurait cependant inférieure à la chienne parce qu’elle croyait aux mots elle qu’on lui disait pour m’enlever. La chienne au moins, ne croit que ce qu’elle sent.
— L.-F. Céline
Pour accéder à cette vérité, non seulement l’intelligence est superflue, Bardamu, mais elle gêne !
— L.-F. Céline
Les huiles ont fini par me laisser tomber et j’ai pu sauver mes tripes, mais j’étais marqué à la tête et pour toujours. Rien à dire. « Va-t’en !… qu’ils m’ont fait. T’es plus bon à rien !… – En Afrique ! que j’ai dit moi. Plus que ça sera loin, mieux ça vaudra ! »
— L.-F. Céline
Graduellement, pendant que durait cette épreuve d’humiliation, je sentais mon amour-propre déjà prêt à me quitter, s’estomper encore davantage, et puis me lâcher, m’abandonner tout à fait, pour ainsi dire officiellement. On a beau dire, c’est un moment bien agréable.
— L.-F. Céline
N’importe quoi, dans la vanité, c’est mieux que rien du tout.
— L.-F. Céline
Les allées, les bureaux, les boutiques de Fort-Gono ruisselaient de désirs mutilés. Faire tout ce qui se fait en Europe semblait être l’obsession majeure, la satisfaction, la grimace à tout prix de ces forcenés, en dépit de l’abominable température et de l’avachissement croissant, insurmontable.
— L.-F. Céline
Yeux ardents et charbonneux, l’intensité de posséder la Compagnie le consumait cet homme, il m’effrayait un peu. J’avais du mal à me faire à sa seule présence. Je n’aurais point cru qu’il existât au monde une carcasse humaine capable de cette tension maxima de convoitise.
— L.-F. Céline
La forêt n’attend que leur signal pour se mettre à trembler, siffler, mugir de toutes ses profondeurs. Une énorme gare amoureuse et sans lumière, pleine à craquer.
— L.-F. Céline
Ma mère, de France, m’encourageait à veiller sur ma santé, comme à la guerre. Sous le couperet, ma mère m’aurait grondé pour avoir oublié mon foulard. Elle n’en ratait jamais une ma mère pour essayer de me faire croire que le monde était bénin et qu’elle avait bien fait de me concevoir. C’est le grand subterfuge de l’incurie maternelle, cette Providence supposée.
— L.-F. Céline
Malade, je l’étais complètement, à ce point que je me faisais l’effet de n’avoir plus besoin de mes jambes, elles pendaient simplement au rebord de mon lit comme des choses négligeables et un peu comiques.
— L.-F. Céline
Il y a un moment entre deux genres d’humanités où l’on en arrive à se débattre dans le vide.
— L.-F. Céline
Ce n’est pas tout à fait vivant ce qui se passe sur les écrans, il reste dedans une grande place trouble, pour les pauvres, pour les rêves et pour les morts.
— L.-F. Céline
Il est impossible de dormir seul…
— L.-F. Céline
Dans ce milieu trop différent de celui où j’avais de mesquines habitudes, je m’étais à l’instant comme dissous. Je me sentais bien près de ne plus exister, tout simplement.
— L.-F. Céline
C’est triste des gens qui se couchent, on voit bien qu’ils se foutent que les choses aillent comme elles veulent, on voit bien qu’ils ne cherchent pas à comprendre eux, le pourquoi qu’on est là. Ça leur est bien égal. Ils dorment n’importe comment, c’est des gonflés, des huîtres, des pas susceptibles, Américains ou non. Ils ont toujours la conscience tranquille.
— L.-F. Céline
Des haricots, la vie. Ma petite mufle d’amie, j’ai fini par la découvrir, avec bien du mal, au vingt et troisième étage d’une 77e Rue.
— L.-F. Céline
Plus de mystère, plus de niaiserie, on a bouffé toute sa poésie puisqu’on a vécu jusque-là.
— L.-F. Céline
Pour la quitter il m’a fallu certes bien de la folie et d’une sale et froide espèce. Tout de même, j’ai défendu mon âme jusqu’à présent et si la mort, demain, venait me prendre, je ne serais, j’en suis certain, jamais tout à fait aussi froid, vilain, aussi lourd que les autres, tant de gentillesse et de rêve Molly m’a fait cadeau dans le cours de ces quelques mois d’Amérique.
— L.-F. Céline
Notre figure n’est qu’une erreur.
— L.-F. Céline
Le véritable savant met vingt bonnes années en moyenne à effectuer la grande découverte, celle qui consiste à se convaincre que le délire des uns ne fait pas du tout le bonheur des autres et que chacun ici-bas se trouve indisposé par la marotte du voisin.
— L.-F. Céline
Ce que les hommes vous cachent encore… Ce qu’ils vous montreront encore… Si on vit assez longtemps… Si on avance assez loin dans leurs balivernes
— L.-F. Céline
Ce meurtre raté l’avait plutôt comme stimulée, arrachée à l’espèce de tombeau sournois où elle était recluse depuis tant d’années dans le fond du jardin moisi. À son âge une tenace vitalité revenait la parcourir. Elle jouissait indécemment de sa victoire et aussi du plaisir de posséder un moyen de tracasser, désormais indéfiniment, sa bru coriace. Elle la possédait à présent.
— L.-F. Céline
Le cœur à soi quand on est un peu bu de fatigue vous tape le long des tempes. Bim ! Bim ! qu’il fait, contre l’espèce de velours tendu autour de la tête et dans le fond des oreilles. C’est comme ça qu’on arrive à éclater un jour.
— L.-F. Céline
Comme toutes les pensées conduisent à la mort, il arriverait un certain moment où il ne verrait plus qu’elle avec lui dans son cinéma.
— L.-F. Céline
D’un coup, comme je n’y pensais plus, leur chanson est devenue plus forte que la vie et même qu’elle a fait tourner le destin en plein du côté du malheur.
— L.-F. Céline
Il se débattait autant contre la vie que contre la mort. Ça serait juste d’éclater dans ces cas-là. Quand la nature se met à s’en foutre on dirait qu’il n’y a plus de limites.
— L.-F. Céline
On ne pouvait aller plus loin, parce qu’après ça il n’y avait plus que les morts. Ils commençaient sur la Place du Tertre, à côté, les morts. Nous étions bien placés pour les repérer.
— L.-F. Céline
Elle essaye de se faire du thé qu’on explique. Il faut bien qu’elle essaye puisqu’elle est là pour l’éternité. Elle n’en finira jamais de le faire bouillir son thé à cause du brouillard qui est devenu bien trop dense et bien trop pénétrant.
— L.-F. Céline
On est accablé du sujet de sa vie entière dès qu’on vit seul. On en est abruti. Pour s’en débarrasser on essaye d’en badigeonner un peu tous les gens qui viennent vous voir et ça les embête.
— L.-F. Céline
Si on vivait assez longtemps on ne saurait plus où aller pour se recommencer un bonheur. On en aurait mis partout des avortons de bonheur, à puer dans les coins de la terre et on ne pourrait plus même respirer.
— L.-F. Céline
Ils s’y promenaient avec un drôle d’air d’équilibre difficile de leur tête sur leurs épaules, les fous, comme s’ils avaient constamment eu peur d’en répandre le contenu, par terre, en trébuchant. Là-dedans se tamponnaient toutes espèces de choses sautillantes et biscornues auxquelles ils tenaient horriblement. Ils ne nous en parlaient de leurs trésors mentaux, les aliénés, qu’avec des tas de contorsions effrayées ou des allures de condescendance et protectrices, à la façon de très puissants administrateurs méticuleux.
— L.-F. Céline
La vérité ne demande qu’à vous quitter. Il s’en faut toujours de très peu pour qu’elle vous libère. On n’y tient pas à sa vérité.
— L.-F. Céline
il m’adressait des petits sourires, mais si indécis, si pâles ces sourires, qu’on aurait pu les prendre pour des adieux.
— L.-F. Céline
Rien n’est plus grave que la conviction exagérée !…
— L.-F. Céline
Ce n’est peut-être point tout à fait encore de la folie dont il s’agit dans le cas de votre ami… Non ! Ce n’est peut-être que de la conviction exagérée… Mais je m’y connais en fait de démences contagieuses… Rien n’est plus grave que la conviction exagérée !…
— L.-F. Céline
À côté de ce vice des formes parfaites, la cocaïne n’est qu’un passe-temps pour chefs de gare.
— L.-F. Céline
Il faudrait pour reprendre de l’intérêt trouver de nouvelles grimaces à exécuter devant les autres… Mais on n’a plus la force de changer son répertoire. On bredouille.
— L.-F. Céline
Somme toute c’est à cause de moi qu’on s’est reparlé et que la dispute a repris alors tout de suite et de plus belle. Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment, ils ont l’air de rien les mots, pas l’air de dangers bien sûr, plutôt de petits vents, de petits sons de bouche, ni chauds, ni froids, et facilement repris dès qu’ils arrivent par l’oreille par l’énorme ennui gris mou du cerveau.
— L.-F. Céline
Les miennes d’idées elles vadrouillaient plutôt dans ma tête avec plein d’espace entre, c’était comme des petites bougies pas fières et clignoteuses à trembler toute la vie au milieu d’un abominable univers bien horrible…
— L.-F. Céline
Sur moi aussi qu’on tire Lola ! que je ne pus m’empêcher de lui crier.
— L.-F. Céline
La femme qui sait tenir compte de notre misérable nature devient aisément notre chérie, notre indispensable et suprême espérance. Nous attendons auprès d’elle, qu’elle nous conserve notre menteuse raison d’être, mais tout en attendant elle peut, dans l’exercice de cette magique fonction gagner très largement sa vie.
— L.-F. Céline
Nous voguions vers l’Afrique, la vraie, la grande ; celle des insondables forêts, des miasmes délétères, des solitudes inviolées, vers les grands tyrans nègres vautrés aux croisements de fleuves qui n’en finissent plus.
— L.-F. Céline
Tout nu, il ne reste plus devant vous en somme qu’une pauvre besace prétentieuse et vantarde qui s’évertue à bafouiller futilement dans un genre ou dans un autre. Rien ne résiste à cette épreuve. On s’y retrouve instantanément. Il ne reste plus que les idées, et les idées ne font jamais peur. Avec elles, rien n’est perdu, tout s’arrange. Tandis que c’est parfois difficile à supporter le prestige d’un homme habillé. Il garde des sales odeurs et des mystères plein ses habits.
— L.-F. Céline
On n’en finit pas d’être heureux. On en a jamais assez de bonheur, tant qu’on est capable encore de jouer un rôle.
— L.-F. Céline
Nous restions accrochés aux phrases et aux coussins, bien ahuris par l’essai commun de nous rendre heureux, plus profondément, plus chaudement et encore un peu plus, les uns les autres, le corps repu, par l’esprit seulement, à faire tout le possible pour tenir tout le plaisir du monde dans le présent, tout ce qu’on connaissait de merveilleux en soi et dans le monde, pour que le voisin enfin se mette à en profiter aussi et qu’il nous avoue le voisin que c’était bien cela qu’il cherchait d’admirable, qu’il ne lui manquait justement que ce don de nous depuis tant et tant d’années, pour être enfin parfaitement heureux, et pour toujours !
— L.-F. Céline
Dans cette abondance soudaine d’agréments le bon délire mégalomane vous prend comme un rien. Je me mis à divaguer à mon tour, tout en lui parlant d’urticaire à la petite cousine.
— L.-F. Céline
D’un côté, on ne le regretta pas, mais tout de même ce départ créait un sacré vide dans la maison. D’abord la façon dont il était parti nous rendait tristes et pour ainsi dire malgré nous. Elle n’était pas naturelle la façon dont il était parti.
— L.-F. Céline
« Possible qu’il m’a répondu alors, du tac au tac, mais toi t’as beau être un médecin et bien instruit et tout, tu comprends rien à ma nature… – Tais-toi tiens Léon ! que je finis par lui dire et pour conclure. Tais-toi, petit malheureux, avec ta nature ! Tu t’exprimes comme un malade !…
— L.-F. Céline
Faut encore du cœur et du savoir pour aller plus loin que les autres
— L.-F. Céline
C’est barbouillé d’une crasse épaisse de symboles, et capitonné jusqu’au trognon d’excréments artistiques que l’homme distingué va tirer son coup… Arrive ensuite que pourra !
— L.-F. Céline
Elle a couru derrière moi, la folie … tant et plus pendant vingt‑deux ans. C’est coquet. Elle a essayé quinze cents bruits, un vacarme immense, mais j’ai déliré plus vite qu’elle, je l’ai baisée, je l’ai possédée au « finish ».
— L.-F. Céline
Telle était sa destinée, son entraînement, sa cadence, de mettre l’univers en bouteille, de l’enfermer par un bouchon et puis tout raconter aux foules … Pourquoi ! et comment ! …
— L.-F. Céline
Il aurait fait par conviction passer toute la foudre entière dans le petit trou d’une aiguille, l’aurait fait jouer sur un briquet, le tonnerre dans un mirliton.
— L.-F. Céline
Il avait le sens du désordre … Il plaignait tous ceux qui l’ont pas … Tout l’ordre est dans les idées ! Dans la matière pas une trace !
— L.-F. Céline
S’il existe un truc au monde, dont on ne doit jamais s’occuper qu’avec une extrême méfiance, c’est bien du mouvement perpétuel ! … On est sûr d’y laisser des plumes
— L.-F. Céline
Ô tu es funèbre Ferdinand ! sans en avoir l’air ! Tes eaux sont troubles ! Que de monstres Ferdinand ! dans les replis de ton âme !
— L.-F. Céline
Ma grande rivale c’est la musique, elle est coincée, elle se détériore dans le fond de mon esgourde … Elle en finit pas d’agonir … Elle m’ahurit à coups de trombone, elle se défend jour et nuit.
— L.-F. Céline
C’est moi les orgues de l’Univers … J’ai tout fourni, la bidoche, l’esprit et le souffle … Souvent j’ai l’air épuisé. Les idées trébuchent et se vautrent. Je suis pas commode avec elles.
— L.-F. Céline
Il comprenait pas que les choses périssent.
— L.-F. Céline
À force de me préoccuper je me réveillais en sursaut dans le milieu de la nuit … J’avais une obsession comme ça, qui me possédait de plus en plus fort … Ça me tenaillait toute la bouille …
— L.-F. Céline
Il sera trois heures ! Nom de Dieu ! Et puis quatre ! Et puis trente‑six ! Et puis douze ! Bordel de tonnerre ! …
— L.-F. Céline
Son aplomb, sa compétence absolue, son irrésistible optimisme le rendaient invulnérable aux pires assauts des pires conneries
— L.-F. Céline
le désordre, mais mon ami c’est la belle essence de votre vie même ! de tout votre être physique et métaphysique ! Mais c’est votre âme Ferdinand !
— L.-F. Céline
Je reste bien avec l’Univers moi ! Je le laisse tel que je le trouve ! … Je ne le rectifierai jamais ! Non ! … L’Univers, il est chez lui ! Je le comprends ! Il me comprend ! Il est à moi quand je le demande ! Quand j’en veux plus je le laisse tomber !
— L.-F. Céline
Tout branle ? Tout s’écroule ? Eh ! Tant mieux ! Je ne veux plus compter les étoiles 1 ! 2 ! 3 ! 4 ! 5 !
— L.-F. Céline
On pénétrait au petit bonheur, en tâtonnant un peu la route … on enfonçait dans une ordure, une fuyante sentine … dans la tremblotante falaise … Ça s’écroulait tout d’un coup ! Tout soudain la cataracte ! … Les plans, les épures en bombe ! les dix mille kilos grafouillés vous déambulaient dans la gueule ! … Ça déclenchait d’autres avalanches, une effroyable carambole de toute la paperasse bouillonneuse sur un ouragan de poussière … un volcan foireux d’immondices …
— L.-F. Céline
Il me montait une envie farouche … j’en tremblais moi de panique d’aller sauter dessus finalement … de me mettre là devant … qu’ils restent pile … Que je les accroche au costard … une idée de con … qu’ils s’arrêtent … qu’ils bougent plus du tout ! … Là, qu’ils se fixent ! … une bonne fois pour toutes ! … Qu’on les voye plus s’en aller.
— L.-F. Céline
On dirait une ascension, Ferdinand ! … Je m’élève ! … Je parcours un bout d’infini ! Je vais franchir ! … Je traverse déjà quelques nuages … Je vais voir enfin … Encore des nuages ! … La foudre m’étonne ! … Toujours des nuages … Je m’effraye ! … Je ne vois rien ! …
— L.-F. Céline
Ils savaient tous qu’il faut souffrir quand on a la foi ! La foi qui soulève les montagnes, qui renverse les mers …
— L.-F. Céline
Ils faisaient la révolution pour le plaisir d’être emmerdants ! …
— L.-F. Céline
Sa perte, c’est la prétention ! … Un jour, il revient, c’est la chimie ! … Le lendemain, c’est les machines à coudre ! … Après‑demain, ce sera la betterave ! Toujours quelque chose de plus neuf ! … Bien sûr qu’il arrive à rien !
— L.-F. Céline
Il allait, venait, comme bête en cage ! Et c’est lui pourtant qu’était sur la route ! La route est large ! …
— L.-F. Céline
Sa peur de la révocation … c’était la plus terrible de toutes … ça le réveillait en panique … Il se redressait d’un bond sur le lit … « Au secours ! Au secours ! » qu’il hurlait
— L.-F. Céline
Quand elle s’était vouée à un truc, elle se vrillait dedans comme un boulon, fallait arracher toute la pièce ! …
— L.-F. Céline
Une seule fois, quand tu regardes une chose … Tu dois la retenir pour toujours ! … Te force pas l’intelligence ! … C’est la raison qui nous bouche tout … Prends l’instinct d’abord …
— L.-F. Céline
Quand t’as une musique dans le cassis, tu l’as pas ailleurs ! …
— L.-F. Céline
Je pouvais plus cacher ma joie … Des distractions, des drôleries qui me survenaient dans les tempes.
— L.-F. Céline
Devant toi, tu n’as pas un lâche ! Le foutriquet peut‑être que tu comptais terroriser ? Ah mais non ! Mais non ! Je fais face à tout mon Destin ! Je l’ai voulu ! J’irai jusqu’au bout !
— L.-F. Céline
C’est là que tu l’as ta débandade … Elle lui montrait comme ça sa tête … C’est pas dans le ballon c’est là ! …
— L.-F. Céline
Toute une existence, Monsieur, vouée au service de la Science ! de la vérité ! par l’esprit ! par le courage personnel ! … 1 287 ascensions ! … Une carrière toute de périls ! Des luttes sans merci ! … Contre les trois éléments …
— L.-F. Céline
Qu’on m’enlève le boire ! le manger ! le gîte ! le couvert ! qu’on m’incarcère ! qu’on me torture de toute façon ! Je m’en colle de long en large ! J’ai ma conscience … et ça me suffit ! … Rien sans elle ! … Rien contre elle ! …
— L.-F. Céline
Il passe parmi les inventeurs des bouffées terribles, des impulsions qu’ils se connaissent plus … Ils étripent tout sur leur passage !
— L.-F. Céline
Un défilé d’hurluberlus exorbités jusqu’aux sourcils, qui se dépoitraillaient devant la porte, gonflés, soufflés de certitudes, de solutions implacables …
— L.-F. Céline
Plus il vieillit, plus il se dérange ! Plus il se fêle ! … Moi je m’en aperçois ! Je suis pas dupe !
— L.-F. Céline
Bientôt tout l’arrondissement ne serait plus autour de Blême qu’un énorme champ tout pourri ! … Une tourbe abjecte ! … Un vaste cloaque d’asticots ! … Un séisme en larves grouilleuses ! …
— L.-F. Céline
Une invention de plus ! Un mensonge ! … Que des mensonges qu’il avait ! … Toujours ! Partout ! Encore ! …
— L.-F. Céline
Il a rien dans le corps le pauvre homme ! … Puisque c’est tout dans la tête
— L.-F. Céline
Comme il a pu changer ce mec‑là, depuis notre Palais‑Royal … Comme il est devenu féroce ! … Ils y ont fait bouffer des scorpions ! dans l’internement … Merde ! Il est devenu intraitable ! … Il a pompé du vitriol ! …
— L.-F. Céline
C’est une idée comme une fièvre. Tu bafouilles et puis c’est marre …
— L.-F. Céline
Mais tu te ravages à plaisir ! …
— L.-F. Céline
Tu déconnes, ma grande poulette, qu’il l’a stoppée des Pereires … Tu déconnes effroyablement ! …
— L.-F. Céline
C’est moi je suis la femme horrible ! … C’est ma faute à moi tout ça
— L.-F. Céline
Merde ! je sais plus rien ! … Ma vie ! Ma vie ! …
— L.-F. Céline
Forçats de la Pensée, voilà, tous, ce que nous sommes.
— L.-F. Céline
L'homme finit où le fou commence, l'animal est plus haut et le dernier des serpents frétille au moins comme son père.
— L.-F. Céline
Honte à celui qui ne sait pas choisir l'aspect convenable aux destinées de notre espèce ! Il est bête, il est fou.
— L.-F. Céline