Thème
Citations sur famille
Les passages de Céline sur famille — composés à la main, vérifiés mot pour mot.
Impossible de faire comprendre à une famille qu’un homme, parent ou pas, ce n’est rien après tout que de la pourriture en suspens… Elle refuserait de payer pour de la pourriture en suspens…— L.-F. Céline
Sa mémoire c’est tout ce qu’il a laissé mon père et des tombereaux d’emmerdements. Ça la possède le Souvenir ! Plus qu’il est mort et plus qu’elle l’aime ! C’est comme une chienne qu’en finit pas …— L.-F. Céline
Il avait du cœur au fond. Moi aussi j’avais du cœur. La vie c’est pas une question de cœur.— L.-F. Céline
On tenait déjà pas beaucoup de place et pourtant on aurait voulu pouvoir nous rapetisser toujours … Demander pardon à quelqu’un, à tout le monde … On se pardonnait les uns aux autres … On suppliait qu’on s’aimait bien … On avait peur de se perdre encore … pour toujours … comme Caroline …— L.-F. Céline
Il s’est mis dès le premier instant à bégayer tellement si fort, qu’il lui venait comme de la vapeur à la place des mots … On le comprenait plus … Seulement qu’il soufflait des fusées … Sa casquette partait en bourrasque … Elle s’envolait de tous les côtés … Il tapait dessus à tour de bras … Il s’en défonçait le cassis … Il se gonflait encore toute la bouille … absolument cramoisi … avec des sillons livides … Il changeait de couleur. Il tournait violet.— L.-F. Céline
J’emportais tout en Angleterre, des bons principes … Des excellents … et la grande honte de mes instincts.— L.-F. Céline
Elle m’embrassait tellement fort, dans une trombe tellement violente, que j’en vacillais … La force d’un cheval en tendresse qui lui remontait dans ces cas‑là du fond de sa carcasse biscornue … Ça la trempait à l’avance les séparations. Ça la retournait tout entière, une terrible tornade, comme si son âme lui serait sortie du derrière, des yeux, du ventre, de la poitrine, qu’elle m’en aurait foutu partout, qu’elle en illuminait la gare …— L.-F. Céline
Ça va les tendresses ! les aveux ! C’est comme les familles ! Ça se repère pas du premier coup, mais c’est pourri et compagnie, c’est fourmillant d’infection …— L.-F. Céline
Les souvenirs anciens c’est tenace … mais c’est cassant, c’est fragile …— L.-F. Céline
On a crevé dans notre famille pour l’honneur du petit commerce … On est pas nous des ouvriers ivrognes et pleins de dettes … Ah ! non. Pas du tout ! … Il faut pas confondre ! … Trois vies, la mienne, la sienne et puis surtout celle à mon père ont fondu dans les sacrifices …— L.-F. Céline
Les baffes, ça suffit pas tout de même. Mon père, en prévision que je serais sans doute voleur, il mugissait comme un trombone.— L.-F. Céline
Elle a collé un papier, c’était court en grosses majuscules … : MENTEUR … Tout le monde s’est mis à rigoler. Le charme était bien rompu …— L.-F. Céline
Mon oncle juché sur son enfer, en scaphandrier poilu, environné de mille flammèches, nous adjure au‑dessus du guidon de nous cramponner au bazar ! … Mon père nous suit à la trace. Il pédale à notre secours. Il ramasse tous les morceaux au fur et à mesure qu’ils se débinent, des bouts de commande et des boulons, des petites goupilles et des grosses pièces. On l’entend jurer, sacrer plus fort que tout son pétard.— L.-F. Céline
en quelques minutes, des millions et des millions, et tout l’honneur d’une famille et tous les châteaux s’envoler.— L.-F. Céline
On mangeait plus qu’une fois sur deux … On remplaçait depuis longtemps les allumettes du fourneau par des papillotes.— L.-F. Céline
Il parlait déjà qu’on se suicide avec un fourneau grand ouvert. Ma mère réagissait même plus …— L.-F. Céline
Je restais son tourment, sa croix.— L.-F. Céline
Il a compté dessus toutes les secondes jusqu’à la fin … La grande aiguille, ça le fascinait, celle qui court vite. Il bougeait plus à la regarder pendant des heures …— L.-F. Céline
On n’avait qu’une chose de commun, dans la famille, au Passage, c’était l’angoisse de la croûte. On l’avait énormément.— L.-F. Céline
Elle pleurait à genoux contre mon lit, comme si j’étais déjà mort … Elle marmonnait des prières …— L.-F. Céline
Mon père, il était comme ça. Il avait toujours placé les tourments moraux, bien au‑dessus des tourments physiques … Bien plus respectables ! … Essentiels !— L.-F. Céline
C’était comme un truc déglingué, le piano du vrai malheur qu’aurait plus que des notes atroces … Même remonté dans le wagon je craignais encore qu’elle me repoisse …— L.-F. Céline
Elle en gémissait comme un chien, toute tordue sur le lino même … À plat par terre qu’elle s’étendait quand mon père était sorti. Elle trouvait ça plus frais que la plume.— L.-F. Céline
Il sera trois heures ! Nom de Dieu ! Et puis quatre ! Et puis trente‑six ! Et puis douze ! Bordel de tonnerre ! …— L.-F. Céline
Voilà toute la reconnaissance ! Pour toute une vie de sacrifices ! Deux existences en pleine angoisse ! Nous les vieux idiots ! les sales truffes toujours ! Nous toujours ! …— L.-F. Céline
À présent, les jeux sont faits ! … La fatalité nous emporte ! Trop tard ! Trop tard ! Tu m’entends, Clémence ? Beaucoup trop tard !— L.-F. Céline
Jamais je l’aurais cru si faible, si mou … C’était la surprise … je suis étonné … C’était facile à serrer …— L.-F. Céline
Seulement si je revenais au Passage … moi je peux bien te l’avouer tout de suite … J’y tiendrais pas dix minutes ! … Je fouterais le feu à toute la crèche ! …— L.-F. Céline
Mais j’aimerais mieux, tenez, Ferdinand ! vivre avec un singe véritable ! … Je le comprendrais lui à la fin ! … Il me comprendrait !— L.-F. Céline
Il m’a fauché toute ma vie ! … Il m’a ruiné ma carrière ! … Il m’a séparée des miens ! … Le vampire ! La frappe ! … Et ma santé ? … Il m’aura comme ça tout bouffé ! complètement anéantie …— L.-F. Céline
Ah ! merde ! y en avait que pour eux des détresses, des marasmes, des épreuves horribles. Les miens ils existaient pas en comparaison !— L.-F. Céline
Sûr que j’avais du chagrin … Sûr que je la trouvais bien malheureuse ! C’était au fait bien véritable ! Mais j’avais pas du chagrin pour aller le baver devant personne !— L.-F. Céline
Depuis deux, trois mois, il ne dormait plus qu’une heure de nuit … Il en avait la tête ficelée par toute l’inquiétude … comme un seul paquet … le reste le concernait plus …— L.-F. Céline
C’était un terrible équilibre pour qu’il sombre pas complètement … C’est elle qui faisait toute la voltige …— L.-F. Céline
« Les individus c’est fini ! … Ils ne donneront plus jamais rien ! … C’est aux familles, Ferdinand ! qu’il convient de nous adresser ! Une fois pour toutes, toujours aux familles ! Tout pour et par la famille ! … »— L.-F. Céline
Trente ans, que j’ai tout supporté … c’est pas une seconde trente ans ! … Et là c’est moi qu’on accuse ! … Après toutes les pires avanies ! … Après que j’ai tout enduré ?— L.-F. Céline
Quand t’as une musique dans le cassis, tu l’as pas ailleurs ! …— L.-F. Céline
C’est jamais la place qui manque pour faire des conneries ! …— L.-F. Céline
Papa voyait lourd, voyait loin.— L.-F. Céline
C’est la force de l’air qui nous grise … On déconne avec l’oncle Arthur …— L.-F. Céline
Maman, à force d’escalades, elle en avait les jambes tordues … Ça lui faisait si drôle qu’elle pouvait plus s’arrêter … Elle faisait des terribles grimaces tout autour de notre table … Ça lui tiraillait les cuisses … C’est les crampes qui la torturaient …— L.-F. Céline
« C’est plus difficile de le caser, que de liquider toute la boutique ! … et pourtant, ça tu le sais, Clémence, c’est un tintouin bien infernal ! »— L.-F. Céline
Ils étaient encore plus blindés que tous les gogs de tout Asnières ! Voilà mon avis.— L.-F. Céline
C’est comme les familles ! Ça se repère pas du premier coup, mais c’est pourri et compagnie— L.-F. Céline
Nous savons ce qui nous attend … Aucune mansuétude, aucune considération d’affection, ne peut décidément limiter, atténuer, le caractère effréné, implacable de tes tendances …— L.-F. Céline
J’étais un vampire dans un sens … C’était pas la peine de regarder …— L.-F. Céline
Je voudrais dire un mot … quelque chose pour faire passer vivement la gêne … Je vais parler de la chaleur …— L.-F. Céline
Il aurait voulu m’enseigner toute la totalité des choses et puis aussi de temps à autre me jouer un beau tour de cochon ! Il pouvait pas s’en empêcher ! ni dans un cas ni dans l’autre !— L.-F. Céline
Plus il vieillit, plus il se dérange ! Plus il se fêle ! … Moi je m’en aperçois ! Je suis pas dupe !— L.-F. Céline
Tandis qu’eux, ils étaient victimes ! … Innocents ! toujours Martyrs ! Il fallait pas comparer ! …— L.-F. Céline
Son cœur est pas tout en pierre ! Il est pas si dénaturé, absolument irrémédiable ! … Il pourra peut‑être s’en sortir …— L.-F. Céline
Il avait tout ce qu’il désirait ! Il avait même pas le temps de parler ! Ah ! ce fut bien ma grande faiblesse ! …— L.-F. Céline
Un homme ça chiale pas ! … Tu resteras tant qu’il faudra ! …— L.-F. Céline
Les voisins eux s’en occupaient, ils se surpassaient en conseils … Ils donnaient pas gros de ma carrière …— L.-F. Céline
C’est fini les cropinettes ! et les sauces de courant d’air ! … Mais oui mon petit ours ! … C’est terminé la claquette ! …— L.-F. Céline