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Citations sur amour
Les passages de Céline sur amour — composés à la main, vérifiés mot pour mot.
l’amour c’est l’infini mis à la portée des caniches et j’ai ma dignité moi !— L.-F. Céline
Il avait offert sans presque s’en douter à une petite fille vaguement parente des années de torture, l’annihilement de sa pauvre vie dans cette monotonie torride, sans conditions, sans marchandage, sans intérêt que celui de son bon cœur. Il offrait à cette petite fille lointaine assez de tendresse pour refaire un monde entier et cela ne se voyait pas. Il s’endormit d’un coup, à la lueur de la bougie. Je finis par me relever pour bien regarder ses traits à la lumière. Il dormait comme tout le monde. Il avait l’air bien ordinaire.— L.-F. Céline
C’est peut-être ça qu’on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.— L.-F. Céline
Faut pas espérer laisser sa peine nulle part en route. C’est comme une femme qui serait affreuse la Peine, et qu’on aurait épousée. Peut-être est-ce mieux encore de finir par l’aimer un peu que de s’épuiser à la battre pendant la vie entière.— L.-F. Céline
L’amour c’est elle la misère et rien qu’elle encore, elle toujours, qui vient mentir dans notre bouche, la fiente, c’est tout. Elle est partout la vache, faut pas la réveiller sa misère même au chiqué.— L.-F. Céline
« Il faudra mourir que je lui dis encore, plus copieusement qu’un chien et on mettra mille minutes à crever et chaque minute sera neuve quand même et bordée d’assez d’angoisse pour vous faire oublier mille fois tout ce qu’on aurait pu avoir de plaisir à faire l’amour pendant mille ans auparavant… Le bonheur sur terre ça serait de mourir avec plaisir, dans du plaisir… Le reste c’est rien du tout, c’est de la peur qu’on n’ose pas avouer, c’est de l’art. »— L.-F. Céline
moi si tu veux tout savoir… Tout absolument… Eh bien, c’est tout, qui me répugne et qui me dégoûte à présent ! Pas seulement toi !… Tout !… L’amour surtout !… Le tien aussi bien que celui des autres… Les trucs aux sentiments que tu veux faire, veux-tu que je te dise à quoi ça ressemble moi ? Ça ressemble à faire l’amour dans des chiottes !— L.-F. Céline
Mais il n’y avait que moi, bien moi, moi tout seul, à côté de lui, un Ferdinand bien véritable auquel il manquait ce qui ferait un homme plus grand que sa simple vie, l’amour de la vie des autres. De ça, j’en avais pas, ou vraiment si peu que c’était pas la peine de le montrer.— L.-F. Céline
C’est plus difficile de renoncer à l’amour qu’à la vie.— L.-F. Céline
L’amour c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et soûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.— L.-F. Céline
J’étais en sursis de mort et amoureux. Ce n’était pas qu’un cauchemar.— L.-F. Céline
Musyne disparut avec les autres. Je l’ai attendue, chez nous, en haut, une nuit, tout un jour, un an… Elle n’est jamais revenue me trouver.— L.-F. Céline
j’aimais encore mieux mon vice, cette envie de m’enfuir de partout, à la recherche de je ne sais quoi, par un sot orgueil sans doute, par conviction d’une espèce de supériorité.— L.-F. Céline
Ah ! si je l’avais rencontrée plus tôt, Molly, quand il était encore temps de prendre une route au lieu d’une autre ! Avant de perdre mon enthousiasme sur cette garce de Musyne et sur cette petite fiente de Lola ! Mais il était trop tard pour me refaire une jeunesse. J’y croyais plus ! On devient rapidement vieux et de façon irrémédiable encore. On s’en aperçoit à la manière qu’on a prise d’aimer son malheur malgré soi. C’est la nature qui est plus forte que vous, voilà tout. Elle nous essaye dans un genre et on ne peut plus en sortir de ce genre-là.— L.-F. Céline
Autant pas se faire d’illusions, les gens n’ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c’est entendu. Chacun pour soi, la terre pour tous. Ils essayent de s’en débarrasser de leur peine, sur l’autre, au moment de l’amour, mais alors ça ne marche pas et ils ont beau faire, ils la gardent tout entière leur peine, et ils recommencent, ils essayent encore une fois de la placer.— L.-F. Céline
Il arrivait dans un seul courrier matinal de l’agence Pomone assez d’amour inassouvi pour éteindre à jamais toutes les guerres de ce monde. Mais voilà, ces déluges sentimentaux ne dépassent jamais le derrière. C’est tout le malheur.— L.-F. Céline
Elles chantaient la déroute d’exister et de vivre et elles ne comprenaient pas. Elles prenaient ça encore pour de l’amour, rien que pour de l’amour, on leur avait pas appris le reste à ces petites.— L.-F. Céline
Seulement c’est malheureux qu’ils meurent si vaches avec tant d’amour en réserve, les gens. Ça ne sort pas, voilà tout. C’est pris en dedans, ça reste en dedans, ça leur sert à rien. Ils en crèvent en dedans, d’amour.— L.-F. Céline
Elle possédait Sophie cette démarche ailée, souple et précise qu’on trouve, si fréquente, presque habituelle chez les femmes d’Amérique, la démarche des grands êtres d’avenir que la vie porte ambitieuse et légère encore vers de nouvelles façons d’aventures… Trois-mâts d’allégresse tendre, en route pour l’Infini…— L.-F. Céline
j’ai plus envie qu’on m’aime… Ça me dégoûte !…— L.-F. Céline
Tu cherches à savoir ce qu’il y a entre toi et moi ?… Eh bien entre toi et moi, y a toute la vie… Ça te suffit pas des fois ?— L.-F. Céline
On passe son temps à tuer ou à adorer en ce monde et cela tout ensemble. « Je te hais ! Je t’adore ! » On se défend, on s’entretient, on repasse sa vie au bipède du siècle suivant, avec frénésie, à tout prix, comme si c’était formidablement agréable de se continuer, comme si ça allait nous rendre, au bout du compte, éternels.— L.-F. Céline
On demeure comme hésitant un instant devant, et puis on finit par l’accepter tel qu’il est devenu le visage avec cette disharmonie croissante, ignoble, de toute la figure. Il le faut bien dire oui, à cette soigneuse et lente caricature burinée par deux ans. Accepter le temps, ce tableau de nous.— L.-F. Céline
Il faut croire Claude Lorrain, les premiers plans d’un tableau sont toujours répugnants et l’art exige qu’on situe l’intérêt de l’œuvre dans les lointains, dans l’insaisissable, là où se réfugie le mensonge, ce rêve pris sur le fait, et seul amour des hommes.— L.-F. Céline
Comme elle me fuyait, Musyne, je me prenais pour un idéaliste, c’est ainsi qu’on appelle ses propres petits instincts habillés en grands mots.— L.-F. Céline
elle demeurait cependant inférieure à la chienne parce qu’elle croyait aux mots elle qu’on lui disait pour m’enlever. La chienne au moins, ne croit que ce qu’elle sent.— L.-F. Céline
Pudique Alcide ! Comme il avait dû en faire des économies sur sa solde étriquée… sur ses primes faméliques et sur son minuscule commerce clandestin… pendant des mois, des années, dans cet infernal Topo !… Je ne savais pas quoi lui répondre moi, je n’étais pas très compétent, mais il me dépassait tellement par le cœur que j’en devins tout rouge… À côté d’Alcide, rien qu’un mufle impuissant moi, épais, et vain j’étais… Y avait pas à chiquer. C’était net.— L.-F. Céline
Ma mère, de France, m’encourageait à veiller sur ma santé, comme à la guerre. Sous le couperet, ma mère m’aurait grondé pour avoir oublié mon foulard. Elle n’en ratait jamais une ma mère pour essayer de me faire croire que le monde était bénin et qu’elle avait bien fait de me concevoir. C’est le grand subterfuge de l’incurie maternelle, cette Providence supposée.— L.-F. Céline
Il est impossible de dormir seul…— L.-F. Céline
Des haricots, la vie. Ma petite mufle d’amie, j’ai fini par la découvrir, avec bien du mal, au vingt et troisième étage d’une 77e Rue.— L.-F. Céline
j’éprouvai bientôt un exceptionnel sentiment de confiance, qui chez les êtres apeurés tient lieu d’amour.— L.-F. Céline
La véritable aristocratie humaine, on a beau dire, ce sont les jambes qui la confèrent, pas d’erreur.— L.-F. Céline
Bonne, admirable Molly, je veux si elle peut encore me lire, d’un endroit que je ne connais pas, qu’elle sache bien que je n’ai pas changé pour elle, que je l’aime encore et toujours, à ma manière, qu’elle peut venir ici quand elle voudra partager mon pain et ma furtive destinée.— L.-F. Céline
Pour la quitter il m’a fallu certes bien de la folie et d’une sale et froide espèce. Tout de même, j’ai défendu mon âme jusqu’à présent et si la mort, demain, venait me prendre, je ne serais, j’en suis certain, jamais tout à fait aussi froid, vilain, aussi lourd que les autres, tant de gentillesse et de rêve Molly m’a fait cadeau dans le cours de ces quelques mois d’Amérique.— L.-F. Céline
Tant qu’il faut aimer quelque chose, on risque moins avec les enfants qu’avec les hommes, on a au moins l’excuse d’espérer qu’ils seront moins carnes que nous autres plus tard.— L.-F. Céline
Moi, tu sais, je m’en passe des femmes qu’il disait, avec leurs beaux derrières, leurs grosses cuisses, leurs bouches en cœur et leurs ventres dans lesquels il y a toujours quelque chose qui pousse, tantôt des mômes, tantôt des maladies… C’est pas avec leurs sourires qu’on le paye son terme !— L.-F. Céline
En somme la mort c’est un peu comme un mariage. Cette mort-là elle ne lui plaisait pas du tout et puis voilà. Rien à dire.— L.-F. Céline
Puisque nous sommes que des enclos de tripes tièdes et mal pourries nous aurons toujours du mal avec le sentiment. Amoureux ce n’est rien c’est tenir ensemble qui est difficile.— L.-F. Céline
Après tout quand l’égoïsme nous relâche un peu, quand le temps d’en finir est venu, en fait de souvenir on ne garde au cœur, que celui des femmes qui aimaient vraiment un peu les hommes, pas seulement un seul, même si c’était vous, mais tous.— L.-F. Céline
Si on vivait assez longtemps on ne saurait plus où aller pour se recommencer un bonheur. On en aurait mis partout des avortons de bonheur, à puer dans les coins de la terre et on ne pourrait plus même respirer.— L.-F. Céline
À côté de ce vice des formes parfaites, la cocaïne n’est qu’un passe-temps pour chefs de gare.— L.-F. Céline
C’est bien agréable de toucher ce moment où la matière devient la vie. On monte jusqu’à la plaine infinie qui s’ouvre devant les hommes.— L.-F. Céline
Notre savoir hargneux des choses de ce monde boudait plutôt cette joie si l’instinct y trouvait son compte, le savoir toujours là, au fond peureux, réfugié dans la cave de l’existence, soumis au pire par habitude, par expérience. Elle possédait Sophie cette démarche ailée, souple et précise qu’on trouve, si fréquente, presque habituelle chez les femmes d’Amérique, la démarche des grands êtres d’avenir que la vie porte ambitieuse et légère encore vers de nouvelles façons d’aventures… Trois-mâts d’allégresse tendre, en route pour l’Infini…— L.-F. Céline
Somme toute c’est à cause de moi qu’on s’est reparlé et que la dispute a repris alors tout de suite et de plus belle. Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment, ils ont l’air de rien les mots, pas l’air de dangers bien sûr, plutôt de petits vents, de petits sons de bouche, ni chauds, ni froids, et facilement repris dès qu’ils arrivent par l’oreille par l’énorme ennui gris mou du cerveau.— L.-F. Céline
C’était comme s’il essayait de nous aider à vivre à présent nous autres. Comme s’il nous avait cherché à nous des plaisirs pour rester. Il nous tenait par la main.— L.-F. Céline
La femme qui sait tenir compte de notre misérable nature devient aisément notre chérie, notre indispensable et suprême espérance. Nous attendons auprès d’elle, qu’elle nous conserve notre menteuse raison d’être, mais tout en attendant elle peut, dans l’exercice de cette magique fonction gagner très largement sa vie.— L.-F. Céline
Nous restions accrochés aux phrases et aux coussins, bien ahuris par l’essai commun de nous rendre heureux, plus profondément, plus chaudement et encore un peu plus, les uns les autres, le corps repu, par l’esprit seulement, à faire tout le possible pour tenir tout le plaisir du monde dans le présent, tout ce qu’on connaissait de merveilleux en soi et dans le monde, pour que le voisin enfin se mette à en profiter aussi et qu’il nous avoue le voisin que c’était bien cela qu’il cherchait d’admirable, qu’il ne lui manquait justement que ce don de nous depuis tant et tant d’années, pour être enfin parfaitement heureux, et pour toujours !— L.-F. Céline
C’était un artiste le patron, beau sexe, beaux cheveux, belles rentes, tout ce qu’il faut pour être heureux ; de l’accordéon par là-dessus, des amis, des rêveries sur le bateau, sur les eaux rares et qui tournent en rond, bien heureux à ne partir jamais…— L.-F. Céline
C’était pas difficile à se rendre compte dès ce moment là qu’en fait de réconciliation c’était une entrevue ratée. Et pour ma combinaison aussi, c’était raté. C’était même une faillite. On avait eu tort de chercher à se revoir.— L.-F. Céline
chez les êtres apeurés tient lieu d’amour— L.-F. Céline
On aurait dit qu’ils n’en avaient jamais fini de se débarrasser de moi, de déblayer leur intimité de ma sale évocation.— L.-F. Céline
Tout trahit Gwendor … Les passions n’appartiennent à personne, l’amour, surtout, n’est que fleur de vie dans le jardin de la jeunesse.— L.-F. Céline
C’était un terrible équilibre pour qu’il sombre pas complètement … C’est elle qui faisait toute la voltige …— L.-F. Céline
Avec une beauté comme la sienne, ça devait être plutôt facile d’épouser un sac …— L.-F. Céline
Il avait tout ce qu’il désirait ! Il avait même pas le temps de parler ! Ah ! ce fut bien ma grande faiblesse ! …— L.-F. Céline
Et d’ailleurs, s’il y avait pas ça, on n'aimerait pas, comme vous dites ; l’amour, c’est de la peur de mourir.— L.-F. Céline
Ça n’a pas beaucoup d’importance « je vous aime ». Ce sont de pauvres mots, bien fatigués.— L.-F. Céline
La beauté, au moins, on sait que ça meurt, et comme ça, on sait que ça existe...— L.-F. Céline
Je n’ai pas besoin d’amour. J’ai besoin de tout.— L.-F. Céline
l’amour c’est une douceur qui n’est pas faite pour la vie que je mène.— L.-F. Céline
Si la bonne n’était pas si sale et s’il n’avait pas l’honneur si gros, il y a longtemps, je le sens, qu’il aurait couché avec elle, il faut un peu de tout pour faire un homme fidèle.— L.-F. Céline
Mais l’amour c’est tout. As-tu mal à la tête ?— L.-F. Céline
Vous n’aurez que mon âme, mon âme abandonnée, seulette et chagrinée.— L.-F. Céline