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Citations sur vieillesse
Les passages de Céline sur vieillesse — composés à la main, vérifiés mot pour mot.
Déjà on en est moins fier d’elle de sa jeunesse, on ose pas encore l’avouer en public que ce n’est peut-être que cela sa jeunesse, de l’entrain à vieillir.— L.-F. Céline
J’étais comme arrivé au moment, à l’âge peut-être, où on sait bien ce qu’on perd à chaque heure qui passe. Mais on n’a pas encore acquis la force de sagesse qu’il faudrait pour s’arrêter pile sur la route du temps et puis d’abord si on s’arrêtait on ne saurait quoi faire non plus sans cette folie d’avancer qui vous possède et qu’on admire depuis toute sa jeunesse.— L.-F. Céline
Comme on devient de plus en plus laid et répugnant à ce jeu-là en vieillissant, on ne peut même plus la dissimuler sa peine, sa faillite, on finit par en avoir plein la figure de cette sale grimace qui met des vingt ans, des trente ans et davantage à vous remonter enfin du ventre sur la face.— L.-F. Céline
Nous voici encore seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste … Bientôt je serai vieux. Et ce sera enfin fini.— L.-F. Céline
C’est inépuisable les rides, le fronton infect des belles années dans la viande.— L.-F. Céline
On est temporaire, c’est un fait, mais on a déjà temporé assez pour son grade.— L.-F. Céline
je vis encore plus de haine que de nouilles !… mais la juste haine ! pas «l’à peu près» !— L.-F. Céline
Pour parler franc, là entre nous, je finis encore plus mal que j'ai commencé…— L.-F. Céline
Mais j'ai peut-être tort de me plaindre… la preuve, je vis encore… et je perds des ennemis tous les jours !… de cancer, d’apoplexie, de goinfrerie… c’est un plaisir ce qu’il en défile !… j'insiste pas… un nom !… un autre ! y a des plaisirs dans la nature.— L.-F. Céline
combien de fois on vous a désiré mort depuis soixante et trois ans ?… c’est pas à compter !— L.-F. Céline
ça vient !… certain moment, la courbe des âges… accélère tout! précipite tout! moi qui collectionne les « faire-part »… je sais !… le « Grand Rappel » ! bourreaux et victimes !…— L.-F. Céline
à un certain âge, surtout après certaines épreuves, vous désirez plus qu’une chose : qu’on vous foute la paix !… mieux même : qu’on vous tienne pour mort !— L.-F. Céline
Encore mes rancœurs !… vous m’excuserez d’un peu de gâtisme… mais pas tellement que je vous lasse !… moi et mes trois points !… un peu de discrétion !… mon style, soi-disant original !…— L.-F. Céline
tous les gens qui sont de l’autre siècle ont le droit de rabâcher !… et Dieu ! de se plaindre !… de trouver tout tocard et con !— L.-F. Céline
le dernier manœuvre d’en bas, dans l’île, de chez Renault, travaille moins que moi, mange plus que moi, dort plus que moi… et soixante-trois ans dans deux jours…— L.-F. Céline
Mais moi, doucement, je vous perds de vue !… je vous raconte des histoires d’enfance !… je suis pas descendu pour vous perdre !… raison que je fasse attention !… je vois un peu flou…— L.-F. Céline
La mémoire est précise, fidèle… et puis tout d’un coup est plus… plus là… joujou ! plus rien !— L.-F. Céline
on se fait très bien, de plaire à personne !… bon débarras ! bon débarras ! l’idéal même !… mais la boustiffe ?… très joli l’isolement total, mais les moyens ?… pas plaire et vioquir et des rentes !… le vrai bonheur !— L.-F. Céline
c’est la hantise en vieillissant, qu’on vous laisse tranquille, absolu !…— L.-F. Céline
les jeunes sont tout débiles idiots blablaveux boutonneux tout naves… soit !… les « Incarneurs de la Jeunesse » ! évident ! pour la raison qu’ils sont pas « faits »… les vieux ? tout suinteux radoteux, inimaginables de haine et d’horreur pour tout ce qui arrive !— L.-F. Céline
camemberts verts ? vers, coulants puants, vite vite à remettre au frigidaire !… à l’office ! à la fosse ! au trou !…— L.-F. Céline
je suis plein de digressions… effet de l’âge ?… ou le trop-plein de souvenirs ?… j'hésite… je saurai plus tard… les autres sauront !… soi-même, très difficile de se rendre compte !— L.-F. Céline
quatre-vingts pour cent des hommes au-dessus de cinquante ans sont prostatiques… vous ne les opérez pas tous ! oh là ! de loin !… ils se pissent un peu dans les talons… alors ?… alors ?… quelle importance ! ils meurent parfaitement de leur belle mort !… 1ls sentent seulement un peu l’urine… la belle histoire !— L.-F. Céline
c’est là que vous vous voyez vieillard, vous dormez jamais réellement, mais vous vivez plus vraiment, vous somnolez tout… même inquiet, vous somnolez…— L.-F. Céline
à 63 ans et mèche, il devient extrêmement ardu de se refaire une situation… de se relancer en clientèle… ci ou là !…— L.-F. Céline
j’ai beau être tel, gâteux fini, c’est pas raison de vous perdre en route !— L.-F. Céline
vieux et fatigué mutilé : je m’en vais !… tout se sera passé impeccable !… rien à redire !…— L.-F. Céline
Naturalisé mongol… ou fellagah comme Mauriac, je roulerais auto tout me serait permis, en tout et pour tout. J'aurais la vieillesse assurée… mignotée, chouchoutée, je vous jure !… quel train de maison !— L.-F. Céline
le moral a toujours tenu ! le corps a cédé, j'avoue… parti par morceaux… lambeaux rouges… comme rongé…— L.-F. Céline
Seulette, je suis demeurée ! Seulette suis !— L.-F. Céline
pour les dames d’un certain âge, Pétain c'était la France, c’est tout… ma père aussi est morte ainsi, Pétain la France…— L.-F. Céline
je vous ai dit !… cinq gouttes dans un quart de verre d’eau, cinq jours de suite… et puis l’huile camphrée, votre piqûre… et puis repos !… plus de fatigues !… et plus fumer !… surtout, plus fumer !— L.-F. Céline
il avait joué du violon (second pupitre) au grand orchestre du Grand Palais. l’exposition de l’Europe Nouvelle, marché commun, etc… elle avait chanté pour Mme Abetz, à l’Ambassade…— L.-F. Céline
Les larmes lui venaient… la dernière insulte… eux, paresseux !… « 1° prix du Conservatoire ! lui comme moi !… » sanglots…— L.-F. Céline
à un certain âge, surtout après certaines épreuves, vous désirez plus qu’une chose : qu’on vous foute la paix !…— L.-F. Céline