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CÉLINE la petite musique

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Citations sur lâcheté

Les passages de Céline sur lâcheté — composés à la main, vérifiés mot pour mot.

Dans ce métier d’être tué, faut pas être difficile, faut faire comme si la vie continuait, c’est ça le plus dur, ce mensonge.
— L.-F. Céline
Toute possibilité de lâcheté devient une magnifique espérance à qui s’y connaît.
— L.-F. Céline
Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu.
— L.-F. Céline
Est-ce que la vie elle est gentille avec eux ? Pitié de qui et de quoi qu’ils auraient donc eux ? Pour quoi faire ? Des autres ? A-t-on jamais vu personne descendre en enfer pour remplacer un autre ? Jamais. On l’y voit l’y faire descendre. C’est tout.
— L.-F. Céline
Trahir, qu’on dit, c’est vite dit. Faut encore saisir l’occasion. C’est comme d’ouvrir une fenêtre dans une prison, trahir. Tout le monde en a envie, mais c’est rare qu’on puisse.
— L.-F. Céline
Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours, ils nous valaient bien ! Tu peux le dire ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d’opinions, ou bien si tard, que ça n’en vaut plus la peine. On est nés fidèles, on en crève nous autres !
— L.-F. Céline
Je n’étais point très sage pour ma part, mais devenu assez pratique cependant pour être lâche définitivement.
— L.-F. Céline
Y a que la bravoure au fond qui est louche. Être brave avec son corps ? Demandez alors à l’asticot aussi d’être brave, il est rose et pâle et mou, tout comme nous.
— L.-F. Céline
Lâche ou courageux, cela ne veut pas dire grand-chose. Lapin ici, héros là-bas, c’est le même homme, il ne pense pas plus ici que là-bas. Tout ce qui n’est pas gagner de l’argent le dépasse décidément infiniment. Tout ce qui est vie ou mort lui échappe. Même sa propre mort, il la spécule mal et de travers. Il ne comprend que l’argent et le théâtre.
— L.-F. Céline
C’est peut être de la peur qu’on a le plus souvent besoin pour se tirer d’affaire dans la vie. Je n’ai jamais voulu quant à moi d’autres armes depuis ce jour, ou d’autres vertus.
— L.-F. Céline
Il ne faut jamais se montrer difficile sur le moyen de se sauver de l’étripade, ni perdre son temps non plus à rechercher les raisons d’une persécution dont on est l’objet. Y échapper suffit au sage.
— L.-F. Céline
Ce fut le seul cas où la France me sauva la vie, jusque-là c’était plutôt le contraire.
— L.-F. Céline
Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tout seuls.
— L.-F. Céline
Philosopher n’est qu’une autre façon d’avoir peur et ne porte guère qu’aux lâches simulacres.
— L.-F. Céline
Le voyage c’est la recherche de ce rien du tout, de ce petit vertige pour couillons
— L.-F. Céline
Courage, Ferdinand, que je me répétais à moi-même, pour me soutenir, à force d’être foutu à la porte de partout, tu finiras sûrement par le trouver le truc qui leur fait si peur à eux tous, à tous ces salauds-là autant qu’ils sont et qui doit être au bout de la nuit. C’est pour ça qu’ils n’y vont pas eux au bout de la nuit !
— L.-F. Céline
Trop d’humiliation, trop de gêne portent à l’inertie définitive. Le monde est trop lourd pour vous. Tant pis.
— L.-F. Céline
C’est même depuis ce temps-là que je suis certain d’être aussi dégueulasse que n’importe quel autre.
— L.-F. Céline
J’écoutais jusqu’au bout pour être bien certain que je ne me trompais pas, que c’était bien ça qui se passait. J’aurais pas pu manger mes haricots tant que ça se passait. Je ne pouvais pas fermer la fenêtre non plus. Je n’étais bon à rien. Je ne pouvais rien faire. Je restais à écouter seulement comme toujours, partout.
— L.-F. Céline
Les habitudes s’attrapent plus vite que le courage et surtout l’habitude de bouffer.
— L.-F. Céline
Les hommes y tiennent à leurs sales souvenirs, à tous leurs malheurs et on ne peut pas les en faire sortir. Ça leur occupe l’âme. Ils se vengent de l’injustice de leur présent en besognant l’avenir au fond d’eux-mêmes avec de la merde. Justes et lâches qu’ils sont tout au fond. C’est leur nature.
— L.-F. Céline
La vocation de meurtre qui avait soudain possédé Robinson me semblait plutôt somme toute comme une espèce de progrès sur ce que j’avais observé jusqu’alors parmi les autres gens, toujours mi-haineux, mi-bienveillants, toujours ennuyeux par leur imprécision de tendances.
— L.-F. Céline
Maintenant qu’il s’agissait d’ouvrir les yeux dans la nuit j’aimais presque autant les garder fermés.
— L.-F. Céline
On dirait qu’on peut toujours trouver pour n’importe quel homme une sorte de chose pour laquelle il est prêt à mourir et tout de suite et bien content encore. Seulement son occasion ne se présente pas toujours de mourir joliment, l’occasion qui lui plairait. Alors il s’en va mourir comme il peut, quelque part… Il reste là l’homme sur la terre avec l’air d’un couillon en plus et d’un lâche pour tout le monde, pas convaincu seulement, voilà tout. C’est seulement en apparence la lâcheté.
— L.-F. Céline
Leur tâche à eux, la seule, c’est de se vider de leur obéissance, de la vomir. S’ils y sont parvenus avant de crever tout à fait alors ils peuvent se vanter de n’avoir pas vécu pour rien.
— L.-F. Céline
Cauchemar d’avoir à présenter toujours comme un petit idéal universel, surhomme du matin au soir, le sous-homme claudicant qu’on nous a donné.
— L.-F. Céline
On s’en sort des humiliations quotidiennes en essayant comme Robinson de se mettre à l’unisson des gens riches, par les mensonges, ces monnaies du pauvre. On a tous honte de sa viande mal présentée, de sa carcasse déficitaire.
— L.-F. Céline
Un patron se trouve toujours un peu rassuré par l’ignominie de son personnel. L’esclave doit être coûte que coûte un peu et même beaucoup méprisable. Un ensemble de petites tares chroniques morales et physiques justifie le sort qui l’accable. La terre tourne mieux ainsi puisque chacun se trouve dessus à sa place méritée.
— L.-F. Céline
Il faut s’apprendre à les considérer tels qu’ils sont, pires qu’ils sont c’est-à-dire, à tous les points de vue. Ça dégage, ça vous affranchit et vous défend au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Ça vous donne un autre vous même. On est deux.
— L.-F. Céline
Pour être bien vus et considérés, il a fallu se dépêcher daredare de devenir bien copains avec les civils parce qu’eux, à l’arrière, ils devenaient à mesure que la guerre avançait, de plus en plus vicieux. Tout de suite j’ai compris ça en rentrant à Paris et aussi que leurs femmes avaient le feu au derrière, et les vieux des gueules grandes comme ça, et les mains partout, aux culs, aux poches. On héritait des combattants à l’arrière, on avait vite appris la gloire et les bonnes façons de la supporter courageusement et sans douleur.
— L.-F. Céline
Ça prouve que pour qu’on vous croye raisonnable, rien de tel que de posséder un sacré culot. Quand on a un bon culot, ça suffit, presque tout alors vous est permis, absolument tout, on a la majorité pour soi et c’est la majorité qui décrète de ce qui est fou et ce qui ne l’est pas.
— L.-F. Céline
Comme elle me fuyait, Musyne, je me prenais pour un idéaliste, c’est ainsi qu’on appelle ses propres petits instincts habillés en grands mots.
— L.-F. Céline
Ces paniques menues pendant lesquelles tout un quartier en pyjama, derrière la bougie, disparaissait en gloussant dans les profondeurs pour échapper à un péril presque entièrement imaginaire mesuraient l’angoissante futilité de ces êtres tantôt poules effrayées, tantôt moutons fats et consentants.
— L.-F. Céline
Comme le Théâtre était partout il fallait jouer et il avait bien raison Branledore ; rien aussi n’a l’air plus idiot et n’irrite davantage, c’est vrai, qu’un spectateur inerte monté par hasard sur les planches. Quand on est là-dessus, n’est-ce pas, il faut prendre le ton, s’animer, jouer, se décider ou bien disparaître.
— L.-F. Céline
Graduellement, pendant que durait cette épreuve d’humiliation, je sentais mon amour-propre déjà prêt à me quitter, s’estomper encore davantage, et puis me lâcher, m’abandonner tout à fait, pour ainsi dire officiellement. On a beau dire, c’est un moment bien agréable.
— L.-F. Céline
Ce qu’il faut au fond pour obtenir une espèce de paix avec les hommes, officiers ou non, armistices fragiles il est vrai, mais précieux quand même, c’est leur permettre en toutes circonstances, de s’étaler, de se vautrer parmi les vantardises niaises. Il n’y a pas de vanité intelligente. C’est un instinct. Il n’y a pas d’homme non plus qui ne soit pas avant tout vaniteux.
— L.-F. Céline
À Topo en somme, tout minuscule que fût l’endroit, il y avait quand même place pour deux systèmes de civilisation, celle du lieutenant Grappa, plutôt à la romaine, qui fouettait le soumis pour en extraire simplement le tribut, dont il retenait, d’après l’affirmation d’Alcide, une part honteuse et personnelle, et puis le système Alcide proprement dit, plus compliqué, dans lequel se discernaient déjà les signes du second stade civilisateur, la naissance dans chaque tirailleur d’un client, combinaison commercialo-militaire en somme, beaucoup plus moderne, plus hypocrite, la nôtre.
— L.-F. Céline
Vous n’êtes pas venu ici pour penser, mais pour faire les gestes qu’on vous commandera d’exécuter… Nous n’avons pas besoin d’imaginatifs dans notre usine. C’est de chimpanzés dont nous avons besoin… Un conseil encore. Ne nous parlez plus jamais de votre intelligence ! On pensera pour vous mon ami !
— L.-F. Céline
C’est pourtant qu’un patron qu’ils vont chercher dans Paris, celui qui vous sauve de crever de faim, ils ont énormément peur de le perdre, les lâches. Il vous la fait transpirer pourtant sa pitance. On en pue pendant dix ans, vingt ans et davantage.
— L.-F. Céline
Tant qu’il faut aimer quelque chose, on risque moins avec les enfants qu’avec les hommes, on a au moins l’excuse d’espérer qu’ils seront moins carnes que nous autres plus tard.
— L.-F. Céline
Misère pour misère, je préférais encore celle qui ne fait pas de bruit à toute celle qu’on étale dans les journaux.
— L.-F. Céline
En somme la mort c’est un peu comme un mariage. Cette mort-là elle ne lui plaisait pas du tout et puis voilà. Rien à dire.
— L.-F. Céline
Ils ont une certaine manière de parler les gens distingués qui vous intimide et moi qui m’effraye, tout simplement, surtout leurs femmes, c’est cependant rien que des phrases mal foutues et prétentieuses, mais astiquées alors comme des vieux meubles. Elles font peur leurs phrases bien qu’anodines. On a peur de glisser dessus, rien qu’en leur répondant.
— L.-F. Céline
La vérité ne demande qu’à vous quitter. Il s’en faut toujours de très peu pour qu’elle vous libère. On n’y tient pas à sa vérité.
— L.-F. Céline
Rien qui s’éteigne comme un feu sacré.
— L.-F. Céline
J’avais renoncé d’ailleurs, depuis belle lurette à toute espèce d’amour-propre. Ce sentiment m’avait semblé toujours très au-dessus de ma condition, mille fois trop dispendieux pour mes ressources.
— L.-F. Céline
La guerre décidément, n’était pas terminée ! Notre colonel, il faut dire ce qui est, manifestait une bravoure stupéfiante ! Il se promenait au beau milieu de la chaussée et puis de long en large parmi les trajectoires aussi simplement que s’il avait attendu un ami sur le quai de la gare, un peu impatient seulement.
— L.-F. Céline
Mon humanitarisme me vaut de sa part une haine animale. C’est une bête elle, faut pas l’oublier.
— L.-F. Céline
Ah ! si j’avais du pognon !… Tout le monde me trouverait bien gentil ici… là-bas… Et partout… En Amérique même… C’est y pas vrai ce que je dis là ?
— L.-F. Céline
Dans cette abondance soudaine d’agréments le bon délire mégalomane vous prend comme un rien. Je me mis à divaguer à mon tour, tout en lui parlant d’urticaire à la petite cousine.
— L.-F. Céline
Des mois s’écoulèrent encore, mois de grande prudence, ternes, silencieux. Nous finîmes par éviter tout à fait d’évoquer le souvenir même de Baryton entre nous. D’ailleurs son souvenir nous faisait à tous comme un peu honte.
— L.-F. Céline
Nous n’étions pas des ambitieux, ni l’un ni l’autre et on s’en foutait nous des possibilités d’avenir. C’était un tort d’ailleurs.
— L.-F. Céline
« Possible qu’il m’a répondu alors, du tac au tac, mais toi t’as beau être un médecin et bien instruit et tout, tu comprends rien à ma nature… – Tais-toi tiens Léon ! que je finis par lui dire et pour conclure. Tais-toi, petit malheureux, avec ta nature ! Tu t’exprimes comme un malade !…
— L.-F. Céline
On aurait dit qu’ils n’en avaient jamais fini de se débarrasser de moi, de déblayer leur intimité de ma sale évocation.
— L.-F. Céline
Il vénère la force. Il méprise le faible.
— L.-F. Céline
On n’enfonce que des portes ouvertes, et puis comment vermoulues !
— L.-F. Céline