Thème
Citations sur enfance
Les passages de Céline sur enfance — composés à la main, vérifiés mot pour mot.
J’étais sec comme trente‑six mille triques ! J’étais le coriace débauché ! La substance de bouse … Un corbeau des sombres rancunes … J’étais la déception de la vie ! J’étais le chagrin soi‑même.— L.-F. Céline
« Travaille bien mon petit Ferdinand ! » qu’elle a chuchoté … J’avais pas peur d’elle … On se comprenait au fond des choses …— L.-F. Céline
Depuis qu’il m’avait dit ces mots à propos d’entrer dans la vie, je les regardais les petits compagnons, comme si jamais je les avais vus … L’angoisse d’être reçus les coinçait tous contre la table, ils se tortillaient comme dans un piège. C’était ça rentrer dans la vie ?— L.-F. Céline
je maigrissais de plus en plus … Sauf des biceps bien entendu. Je grandissais encore des pieds. Je grandissais de l’âme … de partout … Je devenais sublime …— L.-F. Céline
J’emportais tout en Angleterre, des bons principes … Des excellents … et la grande honte de mes instincts.— L.-F. Céline
Elle m’embrassait tellement fort, dans une trombe tellement violente, que j’en vacillais … La force d’un cheval en tendresse qui lui remontait dans ces cas‑là du fond de sa carcasse biscornue … Ça la trempait à l’avance les séparations. Ça la retournait tout entière, une terrible tornade, comme si son âme lui serait sortie du derrière, des yeux, du ventre, de la poitrine, qu’elle m’en aurait foutu partout, qu’elle en illuminait la gare …— L.-F. Céline
L’avenir c’est pas une plaisanterie …— L.-F. Céline
J’ai dégusté moi la pâtée ! … la jeunesse ! La merde ! …— L.-F. Céline
Les enfants, c’est comme les années, on les revoit jamais.— L.-F. Céline
Les souvenirs anciens c’est tenace … mais c’est cassant, c’est fragile …— L.-F. Céline
Plus loin que la route, c’est les arbres, les champs, le remblai, des mottes et puis la campagne … plus loin encore c’est les pays inconnus … la Chine … Et puis rien du tout.— L.-F. Céline
Les baffes, ça suffit pas tout de même. Mon père, en prévision que je serais sans doute voleur, il mugissait comme un trombone.— L.-F. Céline
Les mômes qui ne sortaient jamais, la transition leur fut trop forte. Ils étaient morts au grand air ! …— L.-F. Céline
Il m’est monté dans tout le corps de telles bouffées de fièvre … un afflux de chaleur si dense, que je me croyais devenu un autre.— L.-F. Céline
Je restais son tourment, sa croix.— L.-F. Céline
C’est la crête fumante, redressée, bétonnée de cent mille galets, grondante qui s’écrase et me happe. Transi, raclé, l’enfant vacille et succombe … Un univers en cailloux me baratine tous les os parmi les flocons, la mousse.— L.-F. Céline
C’est effrayant, en ce temps‑là, ce qu’on était polis …— L.-F. Céline
J’aurais voulu disparaître … maigrir tellement qu’il me reste rien …— L.-F. Céline
Le chagrin est venu quand même, d’une façon pire que j’aurais cru, au moment de partir. C’est difficile de s’empêcher.— L.-F. Céline
C’était fini l’indépendance ! Merde le Silence … Chiotte la vadrouille ! Il faudrait reprendre toute l’enfance, refaire le navet du début !— L.-F. Céline
Merde ! Ce que ça vieillit vite un môme !— L.-F. Céline
Je faisais caca comme un oiseau entre deux orages … Je bondissais, à l’autre étage, on me retrouvait pas …— L.-F. Céline
Ils faisaient des efforts de figure, pour déjà prendre des allures d’hommes … On se ressemblait tous à peu près, comme ça vêtus, en tablier, c’étaient des enfants comme moi, de petits commerçants du centre, des façonniers, des « bazars » …— L.-F. Céline
J’étais un vampire dans un sens … C’était pas la peine de regarder …— L.-F. Céline
Un homme ça chiale pas ! … Tu resteras tant qu’il faudra ! …— L.-F. Céline
Je tremblais encore comme une feuille … Il m’a redonné des couvertures … Je continuais la grelotte … Il m’a complètement recouvert, enseveli sous un tas de manteaux … Toutes ses peaux d’ours je les avais dessus … Y avait un choix dans l’armoire ! … Je frissonnais quand même … Je regardais les murs de la piaule … Ils avaient aussi rapetissé ! …— L.-F. Céline
T’as chialé comme une Madeleine … Tu dois avoir beaucoup soif ! …— L.-F. Céline