Thème
Citations sur exil
Les passages de Céline sur exil — composés à la main, vérifiés mot pour mot.
C’est cela l’exil, l’étranger, cette inexorable observation de l’existence telle qu’elle est vraiment pendant ces quelques heures lucides, exceptionnelles dans la trame du temps humain, où les habitudes du pays précédent vous abandonnent, sans que les autres, les nouvelles, vous aient encore suffisamment abruti.— L.-F. Céline
C’est cela l’exil, l’étranger, cette inexorable observation de l’existence telle qu’elle est vraiment pendant ces quelques heures lucides, exceptionnelles dans la trame du temps humain, où les habitudes du pays précédent vous abandonnent, sans que les autres, les nouvelles, vous aient encore suffisamment abruti. Tout dans ces moments vient s’ajouter à votre immonde détresse pour vous forcer, débile, à discerner les choses, les gens et l’avenir tels qu’ils sont, c’est-à-dire des squelettes, rien que des riens, qu’il faudra cependant aimer, chérir, défendre, animer comme s’ils existaient. Un autre pays, d’autres gens autour de soi, agités d’une façon un peu bizarre, quelques petites vanités en moins, dissipées, quelque orgueil qui ne trouve plus sa raison, son mensonge, son écho familier, et il n’en faut pas davantage, la tête vous tourne, et le doute vous attire, et l’infini s’ouvre rien que pour vous, un ridicule petit infini et vous tombez dedans…— L.-F. Céline
ma mère est morte par syncope, du cœur, sur un banc, et de faim aussi, de se priver, j'étais en prison à la « Vesterfangsel », Danemark… j'étais pas là quand elle est morte, j'étais aux a condamnés à mort », Pavillon K…— L.-F. Céline
la mort, mais ailleurs !… l’attirance pas à raisonner… même très discrètement. le retour !… l’aimant animal que c’est.— L.-F. Céline
elle était dans le sens du souvenir, d’où elle était venue, du Nord, du Danemark, le museau au nord, tourné nord… la chienne bien fidèle d’une façon, fidèle aux bois où elle fuguait, Korsôür, là-haut… fidèle aussi à la vie atroce.— L.-F. Céline
Mon Dieu, que ce serait agréable de garder tout ceci pour soi !… plus dire un mot, plus rien écrire, qu’on vous foute extrêmement la paix… on irait finir quelque part au bord de la mer… pas la Côte d’Azur !… la mer vraie, l'Océan… on parlerait plus à personne, tout à fait tranquille, oublié…— L.-F. Céline
Lui, il s’était sauvé de Berlin! «dehors ! dehors ! » devant les Russes… plus tard il s’est sauvé du Val-de-Grâce devant les fifis… « dehors !… dehors ! »… et il a fini à Madrid… «dehors! dehors ! » c’est toute la vie « dehors ! dehors ! »…— L.-F. Céline
Tartuffes, ils sont! dix fois comme les nôtres !… Tartuffes protestants, chapeau ! que vous creviez pendant qu’ils méditent ? ils veulent bien. puritains !… ils resteront à réfléchir vingt ans !…— L.-F. Céline
voyager n'est-ce pas? c’est s’instruire !… tout est pas Nyehavn, Tivoli, Hôtel d’Angleterre !… vous risquerez rien en touriste !— L.-F. Céline
on comprend la vie de Château… la vue de là-haut et de loin… le détachement des seigneurs… la grande beauté de pas être vilains… parmi! nous on était !… et plus que pire !.— L.-F. Céline
j’ai pas toujours été ce que je suis, pauvre pourchassé loquedu tordu ruine…— L.-F. Céline
nous on était tout dans la Mort ! Constance, la Vie !… Bâle !… Berne !…— L.-F. Céline
j'aime pas le patelin, mais enfin… c’est de la plaine de terre pauvre et sables, entre de ces forêts !… terre à patates, cochons et reîtres. et des plaines à orages ! pardon ! dont on a pas idée ici !…— L.-F. Céline
je connais la Prusse des von Raumnitz… pas des paysages à touristes !… lugubres petits lacs, forêts encore plus funèbres…— L.-F. Céline
je vous apprends rien, mes livres m'ont fait un tort immense !… décisif !… à Clichy… Bezons… au Danemark… ici!… vous écrivez ?. vous êtes perdu !…— L.-F. Céline
tandis que moi énergumène, je serai toujours le damné sale relaps, à pendre !… honte de mes frères et des fifis !…, la première branche !…— L.-F. Céline
comme c’est pratique agréable d’avoir un mot qui arrange tout !… au retour !… pour nous ç’eût été aussi bien la Lune, «le retour » !… qu’est-ce qu’on avait nous à retrouver ? retourner ?…— L.-F. Céline
il a plus de comptes à rendre à personne, Bichelonne !… nous, un petit peu, c’est pas fini !… on a drôlement à s’expliquer ! des comptes à rendre à tout le monde !…— L.-F. Céline
ils torturent pas à l’aveuglette, « à la française » !… non !… ils raisonnent…— L.-F. Céline
en autocar de flics vous voyez la foule autrement…— L.-F. Céline
vous diriez pas à peine une lieue du Pont d'Auteuil ! l’enclos de verdure, l’extrême bouquet des bois d’Yveline… tout de suite c’est Renault !… sous nous !— L.-F. Céline
pourtant quel pittoresque séjour !… vous vous diriez en opérette… le décor parfait… vous attendez les sopranos, les ténors légers… pour les échos, toute la forêt !… dix, vingt montagnes d’arbres !… Forêt Noire, déboulées de sapins, cataractes…— L.-F. Céline
ils demeuraient en France, à Vincennes… nous parlons de Vincennes… du Lac Daumesnil… Saint-Fargeau… du métro.— L.-F. Céline
quelque chose va survenir… on voit le ballast, on voit les rails… on doit approcher de quelque part… on est en Russie ?…— L.-F. Céline
Chacun a son petit secret, le mien c’était de le voir, lui demander de nous faire passer au Danemark…— L.-F. Céline